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Climat : les Vingt-sept divisés sur l’objectif 2030

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Pour 2050, les États membres soutiennent à une large majorité l’objectif d’atteindre la neutralité climatique de l’UE. Par contre pour 2030, ils se montrent beaucoup plus divisés sur le relèvement des ambitions à 50 %, voire 55 %, de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Une hausse qui aurait des conséquences sur les secteurs diffus, comme l’agriculture qui n’a enregistré que de faibles progrès en la matière ces dernières années.

Les ministres de l’Environnement des Vingt-sept, réunis le 5 mars à Bruxelles, ont globalement salué la proposition de la Commission européenne visant à ancrer l’objectif de neutralité climatique d’ici 2050 (1). En revanche, ils sont apparus plus divisés sur la disposition prévoyant de rehausser l’objectif climatique de l’UE pour 2030 à 50 %, voire 55 %, contre 40 % aujourd’hui. Un groupe de douze pays (l’Autriche, le Danemark, la Finlande, la France, l’Italie, la Lettonie, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal, la Slovénie, l’Espagne et la Suède), rejoint désormais par l’Allemagne, exhorte la Commission à accélérer son évaluation de la faisabilité d’un tel renforcement de l’objectif 2030, afin d’en présenter les résultats au plus tard en juin.

À l’inverse, un certain nombre de pays d’Europe centrale et orientale craignent que le renforcement de ces objectifs freine leur croissance. Comme attendu, plusieurs États membres ont également critiqué la disposition proposée par Bruxelles qui prévoit de fixer les objectifs climatiques de l’UE post-2030 via des actes délégués sur lesquels les États membres auront moins de pouvoir. La Pologne, la Slovaquie, la Bulgarie, la Hongrie, Malte et Chypre en particulier, ont appelé à ce que les chefs d’État ou de gouvernement conservent le pouvoir de fixer les objectifs climatiques de l’Union selon la règle de l’unanimité.

Des réductions faibles en agriculture

Les pays de l’UE vont déjà devoir doubler leurs efforts pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre s’ils veulent atteindre les objectifs actuellement fixés pour 2030, estime l’Agence européenne de l’environnement dans un rapport publié le 10 mars. Et pour certains secteurs notamment ceux, dits diffus, qui ne sont pas soumis au système d’échange de quotas d’émissions (comme l’agriculture, les transports ou le bâtiment), ces réductions sont plus compliquées à atteindre. L’Agence cite notamment les transports et l’agriculture qui n’ont enregistré depuis 2005 que des réductions limitées de leurs émissions.

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Pour l’agriculture, « de façon préoccupante, les projections indiquent que les États membres planifient des réductions plutôt faibles », souligne le rapport. En 2019, douze États membres ont communiqué des informations sur les politiques ou mesures qu’ils comptent prendre dans le secteur agricole pour les émissions de gaz à effet. Ces dernières concernent généralement l’amélioration de la gestion des terres, la réduction de l’utilisation d’engrais et l’épandage de fumier, ainsi que la gestion du bétail. Elles sont souvent liées à la mise en œuvre de politiques européennes telles que la Pac, la directive Nitrates ou la directive Énergies renouvelables.

Si l’UE décide de relever ces objectifs pour 2030, ces secteurs, déjà visés par la réglementation sur le partage de l’effort révisée en 2018, seront plus sérieusement ciblés.

(1) Voir n° 3732 du 09/03/2020

(2) Voir n° 3645 du 21/05/2018