Le gouvernement a dévoilé son projet de Stratégie nationale bas carbone, la troisième du nom. En matière d’agriculture, les objectifs qu’elle se fixe ne changent pas de ceux déjà présentés un an plus tôt, lors de sa mise en consultation.
Le ministère de la Transition écologique a présenté, le 12 décembre, le troisième projet de Stratégie nationale bas carbone (SNBC 3). Le texte reprend « à quelques ajustements techniques près » les objectifs de 2030 présentés l’année dernière lors de sa mise en consultation, et il « les étend jusqu’en 2050 », a détaillé le cabinet de la ministre de la Transition écologique Monique Barbut lors d’un brief à la presse.
En matière d’agriculture, cette troisième version est sans grandes surprises. Le secteur agricole est appelé à diminuer ses émissions de CO2equivalent « de 28 % d’ici 2030 » pour atteindre, comme annoncé en 2024, 67Mt, et « de 54 % d’ici 2050 » pour descendre à 43Mt, par rapport aux 93 Mt émises en 1990, rappelle le résumé de la SNBC3. Pour les grandes cultures, la SNBC 3 prévoit une évolution des systèmes de production, avec par exemple le développement de l’agroécologie sur 36 % des surfaces en 2030 et 50 % en 2050.
Parallèlement, la consommation d’engrais minéraux azotés devra diminuer « de 30 % en 2030 » et « de 50 % en 2050 ». Le texte contient aussi des objectifs pour décarboner le parc de tracteurs. « La part d’engins agricoles fonctionnant avec des énergies non-fossiles (électricité, biocarburants, hydrogène) passera à 10 % du parc en 2030, puis 100 % en 2050 », a précisé l’équipe de Monique Barbut à Agra Presse.
Atteindre l’autonomie protéique d’ici 2050
Côté élevage, la SNBC 3 prévoit une augmentation du pâturage, avec 45 % des systèmes bovins laitier pâturant en 2030, contre 18 % en 2020, puis une poursuite de cette trajectoire à horizon 2050, afin de préserver les prairies permanentes, en particulier productive.
Elle vise également une réduction de l’intensité carbone de l’élevage, par la généralisation de la couverture des fosses à lisier, le développement de la méthanisation des effluents et la diminution des émissions par tête de la fermentation entérique.
Autre axe central de la SNBC 3 : le renforcement de l’autonomie protéique, avec une réduction de 50 % des importations de soja d’ici 2030 par rapport à 2020, et l’atteinte de l’autonomie protéique nationale en 2050.
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« Pas prescriptive » sur la viande
Comme l’an passé, le texte ne contient pas d’objectif chiffré sur la baisse de consommation de viande. Le gouvernement renvoie la question à la publication de la Snanc, qui a de nouveau été suspendue le 28 novembre, après des mois d’allers-retours ministériels et de controverses, notamment sur la question de la consommation de viande.
« La SNBC est une stratégie climat, ce n’est pas un texte prescriptif sur les habitudes alimentaires des Français. Ça n’est pas une stratégie de santé publique, donc elle n’a pas vocation à être prescriptive sur la consommation de viande », a répondu le cabinet de Monique Barbut aux multiples questions des journalistes, en renvoyant « aux textes prescriptifs dédiés » au sujet tels le Plan national nutrition santé (PNNS) et la Snanc « qui devrait sortir dans les prochaines semaines ».
D’ores et déjà, le cabinet de la ministre a expliqué que réduire la consommation de viande « n’est pas outil actionnable pour l’Etat » à la différence, par exemple, d’encourager le remplacement d’un véhicule thermique par un véhicule électrique ou de favoriser l’usage du vélo, grâce à des subventions ou des investissements publics. « [Dans la SNBC], on est dans une démarche où on active les leviers qui sont à la main des politiques publiques. La limite de l’action de l’Etat, c’est la liberté des Français, et le choix de ce qu’ils mangent c’est leur liberté », a exposé le ministère.
Le texte entre désormais dans une phase de consultations « d’environ trois mois », pendant laquelle le Conseil national de la transition écologique (CNTE), le Haut conseil pour le climat (HCC), l’Autorité environnementale (AE) et le Conseil national d’évaluation des normes (CNEN) doivent rendre leur avis.
LM, JJ