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Climerock, première start-up française d'épandage de basalte, mène des essais dans le Cantal

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Antoine Davy et Arthur Chabot, cofondateurs de Climerock. Crédits : © Climerock

Fondée en août 2023 par deux ingénieurs, Climerock est la première start-up française à se lancer dans les techniques d’altération forcée de roche par épandage de basalte. La start-up va proposer des crédits carbone dits permanents (stockage sur plusieurs millénaires) à des grandes entreprises, pour des épandages de basalte sur des sols agricoles.

Accélérer les capacités naturelles de stockage de CO2 du basalte ou d’autres matériaux comme le béton, en les broyant et en les épandant sur des terres agricoles. C’est le principe de l’altération forcée de roche (ou enhanced rock weathering, ERW). En dix ans, cette technologie de stockage de carbone (ou carbon dioxide removal, CDR) est sortie des revues scientifiques, pour gagner les champs des agriculteurs, sur des milliers d’hectares. La France est pour l’instant en retard dans ce domaine, avec jusqu’ici aucun acteur majeur en activité. Des équivalents étrangers (Undo, Lithos, Eion...) ont attiré des fonds de géants du numérique (Alphabet, Meta).

Lire aussi : Resoil lèvera des fonds en 2025 pour décarboner l’agriculture

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Les franciliens de Climerock veulent changer la donne, mais doivent aller vite. Après de premiers essais sur quelques hectares de prairies et grandes cultures dans le Cantal, la phase commerciale doit débuter en mai. « Nous souhaitons atteindre 1000 hectares d'ici la fin de l'année», prévoit Arthur Chabot, l'un des cofondateurs. L'objectif est d'épandre 10 à 20 tonnes de poudre de basalte par hectare tous les cinq ans, permettant un stockage de 3 à 4 tCO2/ha sur cinq ans. Le premier épandage sera gratuit pour l'agriculteur - la start-up est en réflexion sur les suivants.

Une technologie moins sensible au changement climatique

L’entreprise ne communique pour l’instant pas sur ses prix. A l’échelle internationale, ils se situent autour de 300-450 $ la tonne, beaucoup plus élevés que ceux du stockage de carbone organique dans les sols. L’ERW est toutefois beaucoup moins sensible au changement climatique, et d’une durée théorique de plusieurs milliers d’années. Les principaux postes de coûts sont l’achat de la matière première – que ClimeRock veut limiter en valorisant des co-produits de carrière – , l’épandage réalisé par des entreprises de travaux agricoles , le transport, et le suivi/calcul du CO2 stocké.

La start-up est l'un des membres fondateurs de l'Association française des émissions négatives (Afen). Créée début avril, elle rassemble l'ensemble des entreprises française opérant dans les technologies de stockage de carbone. « En France, nous sommes assez en retard sur le CDR, pourtant nous avons tout pour être une grande nation, notamment de l’ERW », assure Arthur Chabot. Et de rappeler le rôle éminent du français Jacques-Joseph Ebelmen dans la découverte des mécanismes d’altération des roches dans le milieu naturel.