Il faut rester vigilants sur les extensions de noms de domaine comme les « .vin » et « .wine », a alerté Axelle Lemaire, la secrétaire d'État au numérique, le 24 novembre à l'assemblée générale de la Cnaoc (Confédération des appellations viticoles). En effet, si un accord a été trouvé durant l'été avec la société américaine Donuts pour protéger les indications géographiques (IG) des usurpations, il ne s'agit que d'un accord privé.
Bien qu’ayant obtenu, en juin, la prise en compte des indications géographqiues (IG) dans les noms de domaines d’Internet étendus aux « .vin » et « .wine », la secrétaire d'État au numérique a estimé, lors de l’assemblée générale des appellations viticoles, qu’il « faut rester vigilants sur ces extensions". « J’ai commandé à Bercy une mission d’étude pour faire un bilan sur les GTLD" (acronyme de Generic Top Level Domain, c’est-à-dire Domaine de premier niveau générique), a-t-elle annoncé, satisfaisant une demande de la Cnaoc pour un tel bilan.
L’extension « .vin » avait été l'un des premiers combats d’Axelle Lemaire: « Le .vin, j’en fais une question de principe », avait-elle prévenu fin novembre 2014. En juin 2015, elle avait menacé de quitter l'Icann, l’organisation internationale qui gère les noms de domaine, très proche de l’administration fédérale américaine, si les IG n’étaient pas pris en compte par des règles spécifiques.
Impossible de négocier autant d’accords privés que nouveaux noms de domaines
Le président de la Cnaoc, Bernard Farges, s'est inquiété de savoir comment faire pour protéger les IG avec des accords privés alors que plus de mille nouveaux noms de domaine verront le jour sur Internet. « Que pourrons-nous faire ? Nous protéger en négociant autant d’accords privés qu’il y a de nouveaux noms de domaines ? Impossible ". Réserver et donc payer une quantité infinie de noms de domaine pour empêcher le cybersquatting ? (ou « cybersquattage » : une pratique consistant à enregistrer un nom de domaine correspondant à une marque, avec l'intention de le revendre ensuite à l'ayant droit, ou d'altérer sa visibilité). Le risque pour les appellations est de « payer beaucoup pour se protéger juste un peu ».
Un nouveau cycle d’ouverture de noms de domaines est prévu en 2018 ou en 2019, a précisé Bernard Farges.
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Projet d’accord UE-USA : l’UE n’est pas unanime sur la place des IG
En fait, une partie de l'inquiétude des pouvoirs publics comme des professionnels tient au mode de gouvernance de l'Icann, l'organisme qui gère les noms de domaine d'Internet. L'Icann devait devenir plus indépendant du gouvernement américain, mais Washington a décidé de reporter la réforme de l'organisme, a regretté le président de la Cnaoc.
Un autre sujet international, celui du projet d’accord entre l’UE et les États-Unis, donne lieu à une lutte d’influence au centre de laquelle se trouvent les IG. « Certains représentants syndicaux considèrent que l’UE est trop ambitieuse sur la protection des IG. La Cnaoc ne partage pas cette analyse ». Pour cette dernière, « l’IG est le principal atout de l’UE », a réaffirmé Bernard Farges, souhaitant que « le nouveau commissaire Hogan montre plus d’intérêt pour le secteur des IG »...