Environ 200 viticulteurs, selon la police, 350 selon les organisateurs, ont manifesté le 24 avril à Cognac (Charente) contre une décision de l’Union européenne leur demandant de rembourser la part nationale d’une prime perçue pour favoriser la diversification de la filière. Cette aide de l’UE, qui avait été abondée par l’Etat français, avait été perçue en 1999 et 2000 par plus de 600 viticulteurs charentais acceptant de planter, pour faire face à la surproduction de cognac, de nouveaux cépages afin de produire du vin de pays. L’UE avait estimé cette aide nationale illégale, jugeant qu’elle provoquait une distorsion de concurrence sur le marché du vin. En 2002, la Cour de justice européenne avait condamné les viticulteurs à rembourser la subvention versée par l’Etat français.
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« Ce n’est que des années après, fin 2008, que nous avons tous reçu une lettre de l’Etat français nous demandant de rembourser la somme que nous avions perçue, assortie des intérêts », a expliqué Gérard Raby, un viticulteur de Segonzac (Charente). Aujourd’hui, il se retrouve contraint de rembourser, pour 2,70 ha reconvertis en vin de pays, 3 611 euros versés par l’Etat français auxquels s’ajoutent 1 800 euros d’intérêts, a-t-il indiqué. Lors de la réunion du collectif des viticulteurs charentais, qui a rassemblé près de 600 personnes avant la manifestation, les participants ont décidé d’engager un recours en contentieux contre l’Etat français, selon M. Raby.