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Cognac : Pékin impose des droits de douane et prévoit des exemptions

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À l’issue d’une enquête antidumping contestée par l’UE, la Chine a finalement mis en place des droits définitifs sur les importations européennes de cognac avec toutefois quelques exemptions. Un résultat en partie salué par la filière mais aussi par le gouvernement français, même si de nombreux sujets importants restent en suspens.

Alors que l’UE et la Chine vont célébrer, à l’occasion d’un sommet fin juillet, leurs cinquante ans de relations diplomatiques, Pékin a jeté un nouveau pavé dans la mare des tensions commerciales entre les parties. Depuis le 5 juillet et pour une période de cinq ans, des droits antidumping définitifs sont ainsi appliqués à l’encontre des importations de brandys en provenance de l’UE. Les produits européens sont touchés par des droits pouvant aller de 27,7 % (Martell) à 34,9 % (Hennessy) mais la majorité sont affectés par un droit de 32,2 %. Des montants qui sont inférieurs à ceux imposés depuis octobre 2024. À l’issue de son enquête entamée en janvier 2024, Pékin considère donc qu’il existe bien un dumping sur le brandy importé en provenance de l’UE qui engendre une menace de préjudice substantiel sur son industrie nationale. Toutefois, l’empire du Milieu prévoit des exemptions. Ainsi, les entreprises ayant signé avec la Chine un engagement de prix minimum pourront le substituer aux droits antidumping. De plus, le remboursement des garanties et la libération des cautions versées depuis octobre 2024 sont confirmés.

De l’eau dans son vin

À Bruxelles, l’organisation européenne des spiritueux, SpiritsEUROPE, a salué l’allègement partiel des droits via des engagements de prix permettant un maintien sur le marché des entreprises européennes. Parmi ces entreprises, les trois principaux exportateurs de cognac : Hennessy (LVMH), Martell (Pernod Ricard) et Rémy Martin (Rémy Cointreau), sont couverts par des accords avec Pékin. À cela s’ajoutent vingt-quatre producteurs de cognac et sept d’armagnac. « Il est impératif que la liste des sociétés coopérantes soit étendue à toutes celles qui ont répondu à l’enquête et que toutes les sociétés qui ont signé l’accord de prix minimum puissent en bénéficier », insiste déjà le BNIC (interprofession du cognac). L’organisation charentaise reconnaît que ce système de prix minimum est un moindre mal par rapport aux mesures antidumping même si les exportateurs restent dans une « situation dégradée ».

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De son côté, le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, qui rencontrait son homologue Wang Yi à Paris le 4 juillet, s’est félicité de cette « étape positive pour de nombreux acteurs de la filière du cognac et de l’armagnac » tout en soulignant des « points importants non résolus ». Cela concerne plus particulièrement l’exclusion de certains acteurs du champ des exemptions mais également le blocage des livraisons de cognac vers les zones duty free par les autorités de douanes provinciales. Le BNIC appelle, à présent, les institutions françaises et européennes à parvenir à une solution politique définitive avec leurs homologues chinois, dans les plus brefs délais.