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Porc : la Chine instaure des droits provisoires sur les importations de l’UE

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Après le cognac, la Chine a décidé le 5 septembre de mettre en œuvre provisoirement des droits antidumping sur les importations européennes de viande porcine. Cette escalade des tensions commerciales sino-européennes suscite des préoccupations dans le secteur agricole de l’UE qui craint de payer une nouvelle fois le prix de différends politiques.

Les tensions commerciales sino-européennes dans le domaine agroalimentaire ne sont pas près de s’apaiser. Pire, elles ont connu une nouvelle escalade le 5 septembre avec l’annonce par Pékin de la mise en œuvre de droits antidumping provisoires à l’encontre des importations de viande porcine en provenance de l’UE. Ces sanctions, en place depuis le 10 septembre, prennent la forme d’un dépôt de garantie avec un taux pouvant aller de 15,6 % à 32,7 % en fonction de la coopération des entreprises européennes avec les services chinois dans le cadre de l’enquête. Et pour toutes celles qui n’ont pas coopéré avec l’empire du Milieu, le taux grimpe même à 62,4 %. Cette enquête antidumping a été ouverte par Pékin en juin 2024 puis prolongée le 10 juin jusqu’au 16 décembre. Comme d’autres sur le cognac et les produits laitiers, elle s’inscrit comme une réponse directe à la mise en œuvre provisoire – devenue depuis définitive – par Bruxelles des droits compensateurs sur les véhicules électriques à batterie.

« Les éléments préliminaires indiquent que les importations de porc et de sous-produits de porc originaires de l’UE font l’objet d’un dumping, causant un préjudice substantiel à l’industrie nationale concernée », a fait savoir le porte-parole du ministère chinois du Commerce qui assure agir dans le respect des règles de l’OMC. Celui-ci confirme donc l’existence supposée « d’un lien de causalité entre le dumping et le préjudice substantiel ».

Tête de cochon

De son côté, la Commission européenne, par le biais de son porte-parole Olof Gill a assuré qu’elle continuerait de prendre « toutes les mesures nécessaires pour défendre ses producteurs et ses industriels ». L’exécutif européen souhaite tout de même « analyser les détails de la décision avant de prendre une décision sur les prochaines étapes ». Bruxelles rappelle que cette enquête est fondée sur « des hypothèses douteuses » et « des informations insuffisantes » qui ne sont pas en lien avec les règles de l’OMC.

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Mais ce discours n’est pas forcément de nature à rassurer la filière européenne dont l’inquiétude monte dans un contexte d’ouverture accrue des marchés de l’UE aux produits porcins américains notamment. « Il est inacceptable que les producteurs européens de viande porcine soient contraints de payer le prix de différends commerciaux politiques », a ainsi vivement réagi Antonio Tavares, président du groupe de travail de Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles) sur la viande porcine. Et d’ajouter : « Ces mesures ne font que renforcer nos concurrents mondiaux tout en affaiblissant les producteurs de l’UE ».