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Maïs « Come back » de la chrysomèle en Ile-de-France et en Alsace

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Juillet 2008 marque le retour de la chrysomèle dans les champs de maïs. L’insecte est réapparu en Alsace et en Ile-de-France, une région où il ne s’était pas montré en 2007. Quatre individus ont pour l’instant été identifiés. Les mesures de lutte se mettent en place.

Île-de-France et Alsace. C’est dans ces deux régions qu’elle a déjà investies de façon irrégulière depuis 2002 que la chrysomèle des racines du maïs (Diabrotica virgifera virgifera) vient de faire sa réapparition. En 2007, l’insecte n’avait pas perdu son été : détecté fin juillet en Alsace et en Allemagne, il était ensuite descendu en Bourgogne puis en Rhône-Alpes. Pour le moment, trois individus ont été piégés en Alsace le 18 juillet. Le laboratoire de la protection des végétaux de Montpellier a confirmé leur identification le 21 juillet. Les chrysomèles se trouvaient à Orschwiller, dans un champ situé à proximité de l’aire d’autoroute du Haut-Koenigsbourg. Vraisemblablement, les insectes pourraient avoir été acheminés par camion. Il s’agit en tout cas d’un nouveau foyer, qui vient s’ajouter à ceux détectés en 2003 puis en 2007. Pour Eric Demmerlé, des services régionaux de la protection des végétaux, ce n’est pas une surprise : « C’est une belle zone de monoculture de maïs située à proximité d’une zone de transport, explique-t-il. Les pièges y sont d’ailleurs nombreux ».

La chrysomèle de retour au sud de Paris

En Ile-de-France, la chrysomèle fait figure de revenante. Identifié en 2002 près des aéroports de Roissy et d’Orly, puis en 2004 et 2005, l’insecte n’avait pas refait surface en 2006 ni en 2007. Un seul coléoptère a été piégé le 15 juillet à Avrainville, en Esssone, puis confirmé le 18 juillet par le laboratoire de Montpellier. « Le champ se situe à moins de 5 km d’une parcelle sur laquelle quelques insectes avaient été capturés en 2005 », signale Nathalie Therre, à la Driaf (Direction régionale et interdépartementale de l’agriculture et de la forêt) d’Ile-de-France. Le coléoptère pourrait provenir de l’ancien foyer considéré comme éradiqué depuis 2007. Le 24 juillet, la préfecture d’Ile-de-France a signé le décret instaurant la mise en place du dispositif de lutte. Il se fonde sur le texte national signé le 28 mars dernier par le directeur général de l’alimentation (voir encadré). « Nous voulions une action rapide pour éradiquer l’insecte », explique Nathalie Therre. Une centaine d’hectares seront traités dans le cadre de la zone focus. C’est l’Etat qui assurera la prise en charge des frais. Une réunion d’information est prévue le 25 juillet avec les professionnels.

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Un nouvel arrêté national prévu dans les jours à venir

En Alsace, la lutte, qui touchera davantage d’hectares, commence à s’organiser. Mais au 24 juillet, l’arrêté n’était pas encore rédigé, dans l’attente du nouveau texte national qui doit être publié au Journal officiel dans les tout prochains jours. Ce nouvel arrêté devrait remplacer celui du 28 mars, et traduire la modification de décision communautaire concernant la lutte contre Diabrotica, à paraître le 25 juillet au journal officiel européen. La décision bruxelloise vise un assouplissement des mesures en cas de découverte d’un ou deux individus dans une zone vierge d’insectes. L’arrêté national pourrait également préciser en partie le financement de la lutte. Mais ce point n’était pas tranché au 24 juillet. La question devrait de toute façon être traitée à l’aide d’un arrêté d’application relatif à deux articles du code rural portant précisément sur les mécanismes de solidarité et les systèmes d’indemnisation en cas de destruction de produits végétaux. Un texte qui est en cours de finalisation.