Pour atteindre 1 000 installations aidées par an, la région mise sur des soutiens financiers, une amélioration de l’information auprès des candidats et un renforcement des partenariats avec la Safer et les intercommunalités.
Le conseil régional de Bretagne a adopté, le 16 décembre, sa stratégie en faveur de l’installation et de la transmission en agriculture. L’objectif est d’atteindre 1 000 installations aidées par an d’ici à 2028, contre 750 installations aujourd’hui dont 500 aidées. Cette stratégie découle des « États généraux de l’installation-transmission » au cours desquels 200 acteurs du monde agricole breton ont été consultés pendant près de neuf mois. La réflexion est partie d’un constat : la dynamique d’installation est insuffisante pour compenser les départs en retraite des exploitants, avec une installation pour trois départs en moyenne. Pourtant, la Bretagne ne manque pas de candidats à l’installation : chaque année 2 500 aspirants agriculteurs entament un parcours pour démarrer leur activité. Mais seul un tiers va au bout de la démarche.
Soutien financier, foncier et pédagogie
La région veut d’abord mettre de l’huile dans les rouages en améliorant la « transmissibilité des exploitations ». Elle mettra en place des guichets territoriaux pour mieux informer les candidats à l’installation et investira dans 500 « diagnostics transmission » chaque année (500 000 €). Afin d’accompagner l’installation et d’encourager les projets « viables à long terme », la dotation jeune agriculteur (DJA) est maintenue à 22 000 €, malgré la baisse des cofinancements Pac, et le prêt d’honneur Brit est étendu à la filière laitière. Ce fonds régional est destiné à « faciliter la reprise » des TPE-PME en accordant des prêts sans garantie et sans intérêt. La signature de contrats de transition agroécologique permettra également de bénéficier de dispositifs d’aides.
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L’accès au foncier est identifié comme l’un des principaux obstacles à l’installation. La région prévoit de travailler avec la Safer sur « un contrat d’objectif » avec une obligation de résultat, « notamment pour le stockage et la protection du foncier agricole ». Un observatoire foncier agricole sera créé pour « maîtriser la restructuration parcellaire et faciliter les transmissions » et une foncière agricole devra permettre de « faciliter les échanges fonciers à l’échelles des EPCI (intercommunalités) »
Il faudra aussi « attirer et former » : la région prévoit d’organiser des « classes à la ferme », des interventions d’agriculteurs en milieu scolaire, une plateforme de stages et de nouveaux parcours de formation. Elle table aussi sur une collaboration plus forte avec les EPCI, plus proches du terrain. Enfin, une stratégie de communication sera déployée pour susciter des vocations, mais aussi sensibiliser les futurs cédants afin de « favoriser la transmission plutôt que l’agrandissement d’exploitations voisines ».