Élu président de la Confédération française du commerce de gros et international (CGI), Philippe Barbier a dévoilé le 20 juin les priorités pour son mandat de trois ans. Son objectif principal est de rendre le métier de grossiste, mal connu, auprès des pouvoirs publics, des parlementaires, des milieux enseignants.
Philippe Barbier, vice-président du conseil de surveillance du groupe Pomona, a été élu le 19 juin président de la CGI, l’organisme rassemblant toutes les fédérations de grossistes (des fruits et légumes, grains, viandes, vin, pommes de terre, médicaments, matériaux du bâtiment, matériel électrique, etc). Lors d’une conférence de presse le lendemain, il a présenté sa priorité : remédier au déficit d’image du commerce B to B (business to business, autrement dit le commerce interentreprises). Le commerce de gros est tellement mal connu qu’un jour Stéphane Le Foll, alors ministre de l’Agriculture, a contacté la CGI pour demander « Qui êtes-vous au juste ? », a raconté Philippe Barbier.
« Nous, nous ne vendons pas à perte »
Ce secteur qui brasse un chiffre d’affaires de deux fois et demie celui de la grande distribution se voit imposer un dispositif règlementaire conçu pour les enseignes. « Nous, nous ne vendons pas à perte », a déclaré le nouvel élu. La qualité du produit et son adaptation au plus près de l’attente de l’entreprise cliente (cantine, restaurant, bar, brasserie, exportateur) l’emporte sur le critère du prix, a-t-il développé.
Le métier de grossiste a prouvé sa capacité d’adaptation, a commenté Philippe Barbier, citant le cas de Pomona, « qui était au bord du dépôt de bilan en 1992 quand les grossistes se sont heurtés à la concurrence des centrales d’achat des enseignes ». Depuis les années 1960 et jusqu’aux années 1990, les grossistes livraient la grande distribution. Lorsque ce débouché s’est fermé, le commerce B to B s’est diversifié dans la restauration hors domicile. De nos jours, la profession s’adapte aux aspirations des citoyens à consommer des produits locaux, frais et aromatiques, par l’intermédiaire de leurs restaurants, bars, brasserie et cantines. « Le grossiste collecte le produit chez le producteur, il est l’expression même du local », a résumé Hugues Pouzin, directeur général de la CGI.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
La profession cherche aussi à se faire connaître des milieux enseignants car elle est peu connue des jeunes qui sortent des écoles et peine à recruter. Elle a commandé une étude à l’École des Mines qui modélise les charges de transports quand la réglementation sur les centres-villes change. Elle organise un symposium, confrontant des professionnels et des professeurs, qui se tiendra à Marseille du 4 au 6 juillet. Le nouveau président de la CGI compte également organiser des journées portes ouvertes pour les parlementaires.
Philippe Barbier, 63 ans, succède à Marc Hervouet, qui a positionné la CGI, au cours de ses deux mandats, dans le cadre de consultations économiques et sociétales majeures, comme les États généraux de l’alimentation et les Assises de la mobilité. Le nouveau président a salué le travail effectué par son prédécesseur sur des sujets clés comme l’alimentation locale. Philippe Barbier a commencé sa carrière en tant que secrétaire général adjoint de la ville de Roubaix, puis a rejoint le groupe Bonduelle en 1982 en tant que directeur logistique. Il a pris la direction générale de Bonduelle Nord Europe à Bruxelles en 1987.
La CGI est face à un déficit de notoriété