La commercialisation de vin de l'appellation viticole « Vinsobres », nom d'un village situé en Drôme méridionale, est en forte hausse, et la production est appelée à suivre, quoique prudemment. Tel est le message qu'ont délivré les dirigeants de l'AOC, classée cru depuis février 2006, le 29 avril lors d'un rendez-vous avec la presse.
Le volume commercialisé du cru Vinsobres en bouteilles est passé de 3 391 hectolitres (hl) en 2006 à 5 604 hl en 2013. Le cru a bénéficié d'une demande particulièrement forte ces derniers mois : en raison de la petite vendange d'une appellation voisine, le Gigondas, dont les prix ont grimpé, nombre de consommateurs se sont reportés sur le Vinsobres, a expliqué Pascal Jaume, vice-président de l'appellation.
Le classement en cru dope l'exportMais la progression de la demande est surtout une tendance de fond. L'exportation représente 40% de son débouché, le circuit des cavistes, grossistes, restaurants 25%, la vente directe 15% et la grande distribution 20%.
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La demande s'est accrue de façon accélérée à l'export au Royaume-Uni, Canada, États-Unis et Europe du Nord depuis le classement en cru, a ajouté Pascal Jaume.
Face à ce succès, la production de l'AOC devrait augmenter, mais sans plantations nouvelles. En effet, la superficie de production potentielle classée en cru est de 1 376 hectares, mais la surface de production effective est de 450 hectares. Les 926 hectares de différence sont destinés à la production sous AOC « Côtes du Rhône Village Vinsobres ». Il suffit aux vignerons de convertir une partie de ces surfaces en cru, avec son cahier des charges plus exigeant, pour en augmenter la production peu à peu. « Nous avons les capacités de vinifier l'équivalent de 800 hectares, mais pour la première année nous devrions raisonnablement nous borner à 600, voire 500 », a précisé Aurélien Aubert, trésorier de l'appellation. Pour faire le plein du potentiel de 1 376 hectares en cru, il faudrait avoir restructuré la totalité du vignoble avec la règle que ce sont imposé les vignerons : 50% de grenache, 25% de syrah et 25% de mourvèdre. Ce mouvement de restructuration est en marche. Il fait l'objet d'un plan collectif porté par l'interprofession Inter-Rhône avec des fonds de l'UE transitant par FranceAgriMer.