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Commission européenne : partie remise

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Alors que l’annonce de la composition de la nouvelle Commission européenne était imminente, un jeu politique avec le Parti socialiste européen s’est installé et l’annonce reportée. Finalement, le Luxembourgeois Hansen, promis à l’Agriculture, pourrait en faire les frais.

Tout semblait prêt mais la fumée blanche de la nouvelle Commission européenne attendra. Initialement prévues le 11 septembre au cours d’une réunion de la conférence des présidents du Parlement européen, les discussions sur la distribution des portefeuilles au sein du prochain Collège des commissaires ont finalement été décalées au 17 septembre, au moment d’une séance plénière à Strasbourg. Un ajournement qui a été fait « à la demande de la Commission européenne », confirme le 10 septembre la porte-parole du Parlement européen. Officiellement, ce retard est justifié par le changement de candidat de la Slovénie pour le poste de commissaire et le vote par le Parlement de Ljubljana. Le gouvernement du Premier ministre libéral Robert Golob (Mouvement pour la liberté, centriste) a en effet décidé de proposer, le 9 septembre, le nom de Marta Kos en lieu et place de Tomaž Vesel. Il faut dire que face au trop grand nombre de candidats masculins, la présidente de la Commission européenne fait pression depuis plusieurs semaines sur les États membres afin de faire respecter la parité chez les futurs commissaires.

Stratégie socialiste

D’autre part, en coulisses, les sociaux-démocrates tentent d’imposer leurs lignes rouges pour obtenir des modifications significatives dans la composition du futur Collège. « Notre soutien n’a jamais été un chèque en blanc », rappelle d’ailleurs le président du Parti socialiste européen (PSE), le suédois Stefan Löfven. Et d’ajouter : « Nous avons toujours été clairs sur le fait que la prochaine Commission devait répondre à nos attentes, tant sur le plan politique que sur le plan des principes. »

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En premier lieu, le PSE souhaite que le Luxembourgeois Nicolas Schmit, tête de liste (spitzenkandidat) des S & D lors des élections européennes de juin, figure dans la composition de la prochaine Commission européenne. Son absence « romprait le précédent qui s’est maintenu depuis l’introduction de ce processus en 2014, où les candidats communs jouent un rôle de premier plan au niveau de l’UE », indiquent les sociaux-démocrates. Mais un tel changement aurait pour conséquence de rayer des listes le candidat actuel du Luxembourg, Christophe Hansen, par ailleurs membre du groupe PPE (droite) et pressenti pour prendre la place du Polonais Wojciechowski à l’Agriculture. À l’issue d’une rencontre avec Christophe Hansen le 11 septemebre, le vice-président centrisre du Parlement européen Martoin Hojsik, a d’ailleurs confirmé les rumeurs indiquant, sur le réseau social X, avoir « rencontré le commissaire désigné à l’Agriculture ».

Au-delà du choix des personnes, le PSE estime aussi que le prochain Collège doit être paritaire et que le portefeuille de l’Emploi devrait revenir à un de leurs membres. Enfin, est regretté le rôle central joué par l’extrême droite, notamment celui de l’Italien Raffaele Fitto, proche de la Première ministre conservatrice Giorgia Meloni et promis à un poste de vice-président. Ursula von der Leyen dispose à présent de sept jours supplémentaires pour parfaire son casting.