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Comptage des loups : la feuille de route du gouvernement

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Une seule méthode d’estimation de la population de loups et une seule publication par an : c’est ce que prévoit un arrêté en consultation, afin de simplifier le cadre et d’apaiser les discussions.

Comme prévu par le nouveau Plan loup, le ministère de la Transition écologique a mis en consultation, jusqu’au 27 mars, un projet d’arrêté « relatif à la méthode d’estimation de la population de loups ». Le texte prévoit que l’effectif annuel de loups – dont 19 % au maximum peuvent être abattus – sera calculé uniquement par la méthode CMR (« capture, marquage, recapture »), basée sur les analyses génétiques des prélèvements réalisés par l’OFB. L’estimation de la population lupine sera publiée une fois par an « en fin d’année », soit « quelques mois après le recueil en période hivernale des échantillons analysés ». À titre transitoire, le plafond de tir 2024 sera fixé à partir de la population définitive de 2023, dont l’estimation sortira à la mi-mars. Après quoi l’effectif 2024 sera publié en fin d’année, afin de fixer le plafond de tirs pour 2025.

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L’effectif de loups était jusque-là calculé par la méthode CMR, mais aussi par la méthode EMR (« effectif minimum retenu de loups »), qui prend en compte les « observations visuelles ou les comptages d’empreintes », sans analyse génétique. L’utilisation de ces deux méthodes donnait donc lieu à deux communications dans l’année, sources de confusion : 906 loups en juillet 2023, 1 104 en septembre. Le Groupe national loup a donc décidé de ne conserver que la méthode CMR, « reconnue comme la plus fiable scientifiquement », selon le ministère.

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ministère de la Transition écologique
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Pression politique des départements alpins

Interrogé lors d’une conférence de presse le 19 mars, le responsable du dossier loup chez FNE, Jean-David Abel, s’est dit satisfait de la réforme. « On défend absolument le travail de l’OFB », appuie celui qui siège au conseil d’administration de l’établissement public. De son côté, la LPO précise que le CNPN (Conseil national de la protection de la nature) a été saisi et qu’il « s’achemine vers un avis défavorable ». Tout en prévenant que changer de méthode risque de faire « perdre l’état de référence ». Toutefois, certains ne veulent pas refermer le dossier tout de suite : les huit départements alpins (1) ont écrit à Marc Fesneau le 12 mars, maintenant la pression politique mise durant le Salon de l’agriculture. Les élus estiment « urgent de réunir dès ce printemps l’ensemble des acteurs du dossier » afin de « définir les contours et les modalités d’application de cette nouvelle méthode de comptage ». Plaidant pour la méthode alternative testée en Haute-Savoie, les départements se disent « prêts à accompagner activement la démarche » via une expérimentation.

La méthode CMR « reconnue comme la plus fiable scientifiquement »