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Le message est bien rôdé : la France ne veut pas laisser de plantes OGM pousser sur son territoire mais elle continue de faire de la recherche dans ce domaine. Tel est le discours politique, de droite comme de gauche, voulant sauver les apparences et laissant ouverte la promesse d’aboutir à des plantes génétiquement modifiées lorsqu’elles seront véritablement utiles à la société.
Ce pourrait être très convaincant mais ce n’est pas tout-à-fait comme cela que ça se passe dans la vie industrielle. Laisser croire qu’on peut faire de la recherche dans un domaine aussi important en terme d’applications économiques, sans qu’il y ait un tissu industriel derrière, c’est laisser croire à une illusion. En dehors de la recherche purement fondamentale, l’expérience montre que les innovations sont bien souvent le fruit d’échanges, de collaborations voire de confrontations entre des chercheurs d’organismes publics et d’entreprises privées. Faute de quoi, d’ailleurs, cette recherche fondamentale peut voir ses applications profiter à d’autres pays.
A ce titre, l’annonce de BASF, entreprise née en Allemagne au XIXe siècle, d’abandonner l’Europe en matière de recherche et d’application en biotechnologies végétales, est une mauvaise nouvelle. D’autant que cette annonce correspond à une tendance générale de cette industrie de privilégier l’Amérique et l’Asie depuis que se manifestent les réticences européennes. Les innovations en biotechnologies végétales (qu’il s’agisse d’OGM ou de technologies ultérieures) se situeront donc sur les autres continents. Or, les grandes cultures circulent sur la planète. Projetons nous dans dix ans : nos maïs, colza, et même nos blés seront-ils capables de lutter avec les concurrents américains ou asiatiques ? On se plaint par ailleurs, en élevage, de la concurrence allemande, grâce à sa main-d’œuvre bon marché. En matière de grandes cultures, on n’a rien vu encore.
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