La Confédération paysanne a organisé des actions de protestation contre le traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada et celui avec les Etats-Unis. La Coordination rurale, pointe elle, aussi les dangers de ces accords, comme de celui avec les pays d'Afrique de l'Ouest.
P LUSIEURS dizaines de militants de la Confédération paysanne ont occupé le siège de Cargill France, filiale de la multinationale agroalimentaire Cargill, à Saint-Germain-en-Laye, le 24 septembre, pour protester contre la signature prochaine d'un accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (Ceta), et contre les négociations en cours avec les États-Unis (Tafta). Ils ont mis fin à leur action après avoir obtenu un rendez-vous le 26 septembre avec le directeur de cabinet de Matthias Fekl, secrétaire d'État au Commerce extérieur, puis « en fin de semaine prochaine » avec le secrétaire d'État en personne, affirme leur porte-parole Laurent Pina-tel. Il demande « de stopper le Ceta et de mettre fin aux négociations sur le Tafta ».
L'accord commercial avec le Canada « sacrifierait l'agriculture paysanne au profit de l'agriculture capitalistique, industrielle et financiarisée, des deux côtés de l'Atlantique », argumente-t-elle dans un communiqué du 23 septembre. Il entraînera notamment « l'affaiblissement des filières de production déjà fragilisées, comme le bœuf et le porc en Europe et les fromages au Canada grâce à l'augmentation des contingents et la suppression des droits de douanes, la remise en cause des IGP et AOP, le renforcement des droits de propriété intellectuelle, la dégradation des droits sociaux, l'harmonisation des normes environnementales et sanitaires au profit des multinationales, la remise en cause des politiques publiques et la mise en place de tribunaux arbitraux privés (ISDS) pour régler les différents entre Etats et investisseurs ».
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La Coordination rurale fait remarquer de son côté qu'alors que 2014 a été déclarée par l'ONU année internationale de l'agriculture familiale, elle « est d'abord marquée par des accords qui la condamnent chez les signataires », citant l'accord Canada-UE mais aussi l'Accord de Partenariat Économique (APE) avec les pays d'Afrique de l'Ouest. « L'un et l'autre ont en commun la grande opacité dans laquelle se sont déroulées les tractations dont les conséquences toucheront de plein fouet la sécurité alimentaire des pays en cause », développe-t-elle dans un communiqué du 25 septembre.
Reste une chance, croit le syndicat : l'APE et le CETA doivent être aussi adoptés par le Conseil et le Parlement européens pour être applicables. « Les eurodéputés nouvellement élus doivent à tout prix prendre la mesure des risques que feraient courir ces accords s'ils les adoptaient : au-delà de la qualité de notre alimentation qui en serait nécessairement altérée, vu les normes de production plus basses dans ces pays que dans l'UE, c'est la sécurité alimentaire des Européens comme des Africains qui est remise en cause », affirme la Coordination rurale.