Les ministres de l’agriculture de l’UE ont rendez-vous le 16 avril à Luxembourg pour échanger sur la lutte contre le gaspillage alimentaire alors que la Commission européenne prépare des propositions en la matière. Les Vingt-huit auront également un premier débat sur les propositions adoptées le 12 avril par la Commission européenne pour lutter contre les pratiques commerciales déloyales au sein de la chaîne d’approvisionnement alimentaire.
Maintenant qu’ils sont parvenus tant bien que mal à finaliser des conclusions (de la présidence seulement) sur la future Pac après 2020 (1), les ministres de l’agriculture des Vingt-huit attendent les propositions formelles de Bruxelles prévues pour fin mai-début juin.
En attendant, lors de leur réunion du 16 avril à Luxembourg ils auront un échange de vues sur les actions entreprises pour réduire le gaspillage des aliments dans l’UE et donneront leur premier avis sur la proposition de la Commission européenne visant à lutter contre les pratiques commerciales déloyales (1).
Gaspillage alimentaire : des avancées suffisantes ?
La lutte contre le gaspillage alimentaire fait partie des priorités de la présidence bulgare du Conseil, qui souhaite que le bilan soit fait des mesures prises au niveau national et au niveau européen, alors qu’environ un tiers des denrées alimentaires sont gaspillées dans le monde (y compris en Europe).
Le document bulgare préparé à l’occasion de ce Conseil agricole souligne que pour le moment le recueil de données dans l’UE reste insuffisant ce qui rend difficile la mesure des déchets alimentaires et des progrès réalisés (2). La Commission européenne prépare pour les prochains mois des mesures en la matière : une méthodologie harmonisée pour mesurer les déchets alimentaires et des propositions d’actions que les États membres seront obligés de prendre pour lutter contre les pertes tout au long de la chaîne alimentaire.
Les ministres seront donc invités à répondre à deux questions : comment évaluez-vous les progrès réalisés au niveau de l’UE et au niveau national en ce qui concerne les conclusions en la matière adoptées par Conseil en juin 2016 (3) ? ; et pensez-vous que le rythme est suffisant ou que d’autres actions sont nécessaires pour respecter les engagements de réduire les pertes et le gaspillage de nourriture ?
Pratiques abusives et santé animale
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Le commissaire Phil Hogan viendra également présenter sa proposition de directive visant à lutter contre les pratiques commerciales déloyales au sein de la chaîne d’approvisionnement alimentaire. Vingt États membres ont déjà pris des dispositions au niveau national pour lutter contre ces pratiques. La Commission ne veut donc pas remettre en cause ces mesures, mais souhaite, sur un certain nombre de points, une harmonisation des règles, tout en laissant aux capitales une marge de manœuvre importante. Les Vingt-huit avaient eu toutes les peines du monde à se mettre d’accord sur des conclusions communes en décembre 2016 sous présidence slovaque se contentant d’appeler Bruxelles à agir sans pour autant se prononcer sur un cadre législatif contraignant (4).
Deux autres sujets seront abordés en points divers : les résultats d’un atelier sur le rôle de la faune sauvage dans la gestion de la santé animale qui s’est tenu les 20 et 21 mars à Sofia (Bulgarie) et les conclusions d’une conférence sur la peste porcine africaine qui s’est tenue à Varsovie (Pologne) le 26 mars.
(1) Voir même numéro
(2) Voir n° 3638 du 02/04/2018
(3) Voir n° 3552 du 27/06/2016
(4) Voir n° 3574 du 19/12/2016