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Conseil Agriculture : commerce et situation des marchés pour la 1re réunion sous présidence française

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Première réunion du conseil des ministres de l’Agriculture pour la présidence française qui présentera à cette occasion, le 17 janvier, son programme de travail pour les mois à venir. Plusieurs sujets prioritaires pour Paris sont inscrits à l’ordre du jour : les questions de commerce agricole (accords de libre-échange, durabilité, OMC…), la situation des marchés agricoles (notamment le secteur porcin en crise), la séquestration du carbone dans les sols ou encore le bien-être animal.

Les ministres de l’Agriculture des Vingt-sept se retrouvent le 17 janvier pour leur première réunion sous présidence française. Celle-ci commencera comme le veut l’usage par présenter ses priorités de travail pour le premier semestre de l’année : la réciprocité des standards de production, l’agriculture bas‑carbone, la révision de la directive sur l’utilisation durable des pesticides, et le suivi du processus d’approbation des plans stratégiques nationaux de la Pac notamment.

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Commerce

Une partie de ces sujets pourront déjà être abordés dans le cadre d’un échange sur les questions agricoles liées au commerce. Le commissaire européen à l’Agriculture devrait rappeler les bons chiffres du commerce agroalimentaire de l’UE et les objectifs d’avancer en 2022 dans les négociations de libre-échange avec l’Indonésie, la Nouvelle-Zélande ou l’Australie. Bruxelles soulignera néanmoins la nécessaire cohérence de la politique commerciale de l’UE avec les autres politiques et notamment le Green deal. Un point sera également fait sur les questions multilatérales, notamment la conférence ministérielle de l’OMC, les récentes décisions de l’organe de règlement des différends (olives espagnoles), ainsi que le travail de l’UE au sein de la FAO et du G20 pour promouvoir les normes européennes.

Situation des marchés

Autre point à l’ordre du jour : la situation des marchés agricoles, en particulier celle du secteur porcin, affectés pour certains par l’envolée des prix des intrants. Dans sa note préparée pour l’occasion, la présidence française indique que « bien qu’une série de produits alimentaires bénéficient de prix records pour diverses raisons, les marges des producteurs continuent de subir une pression importante pour un certain nombre de produits, notamment la viande de porc, en raison du coût élevé des intrants ». La Commission européenne est donc invitée à compléter ces informations notamment en ce qui concerne les mesures prises pour remédier à cette situation négative. Au mois de décembre, il avait été décidé de ne pas intervenir sur le marché du porc. La question sera rediscutée. Mais le commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski a déjà indiqué lors d’un échange de vues avec les eurodéputés de la commission de l’Agriculture le 10 janvier, que ce n’était pas, selon lui, le bon moment pour intervenir compte tenu de signes de reprises des cours ces dernières semaines. D’autres questions devraient également faire l’objet de discussions : la grippe aviaire, les échanges avec le Royaume-Uni à la suite du Brexit, l’impact de Covid-19 sur l’HORECA, et la pénurie de main-d’œuvre agricole. La Pologne alertera également le Conseil sur l’embargo commercial imposé par la Biélorussie qui risque d’avoir des conséquences négatives sur ses exportations de fruits et légumes, des pommes tout particulièrement.

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Séquestration du Carbone

Enfin les ministres auront un échange de vues sur la séquestration du carbone par l’agriculture, là encore un dossier prioritaire pour la France qui en a fait le thème de la réunion informelle des ministres de l’Agriculture les 7 et 8 février à Strasbourg. La Commission européenne présentera sa communication du mois de décembre. Plusieurs délégations ont déjà exprimé leurs préoccupations lors du comité spécial Agriculture du 10 janvier concernant la cohérence du dispositif avec d’autres outils politiques de l’UE (par exemple, la Pac et les politiques nationales existantes), les problèmes liés à la définition de l’agriculture carbone, l’importance de veiller à ce que les politiques soient simples à mettre en œuvre par les agriculteurs et les forestiers, la charge administrative ou encore la faisabilité du calendrier. Un projet de conclusions en la matière pourrait être présenté aux experts du Comité spécial Agriculture du 31 janvier en vue d’une adoption fin mars.

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Bien-être animal

Autre sujet inscrit à l’agenda de la présidence française : le bien-être animal. La Commission européenne présentera un résumé des débats de la conférence de haut niveau des parties prenantes sur le thème « Le bien-être animal dans l’UE, aujourd’hui et demain » qui s’est tenue le 9 décembre.

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Trois nouvelles têtes

Trois nouveaux ministres de l’Agriculture devraient faire leur apparition le 17 janvier lors de la réunion du conseil Agriculture à Bruxelles. Le premier est Henk Staghouwer, nouveau ministre des Pays-Bas de l’Agriculture, de la nature et de la qualité des aliments dans le gouvernement néerlandais ayant pris officiellement ses fonctions le 10 janvier. Il remplace Carola Schouten, membre du même parti que lui (l’Union chrétienne) qui est, elle, devenue troisième vice-première ministre en charge des Affaires sociales et de l’Emploi. Au sein de ce gouvernement néerlandais Christianne van der Wal, présidente du Parti populaire pour la liberté et la démocratie du Premier ministre Mark Rutte, devient ministre responsable de la conservation de la nature et de la politique de l’azote (une priorité pour la nouvelle équipe gouvernementale). Le deuxième est le Luxembourgeois Claude Haagen qui a remplacé le 5 janvier Romain Schneider (parti à la retraite) en tant que ministre de l’Agriculture, de la viticulture, du développement rural et de ministre de la sécurité sociale. Claude Haagen a été président du Parti socialiste ouvrier luxembourgeois de 2014 à 2019 et rejoint donc la coalition formée par le Parti démocrate et le Parti vert. Enfin, le troisième est Zdeněk Nekula qui a été nommé ministre de l’Agriculture de la République tchèque le 3 janvier. Diplômé de l’Université d’agriculture de Brno et membre du parti de l’Union chrétienne et démocratique, il a tardé à être officiellement nommé dans le nouveau gouvernement du Premier ministre Petr Fiala, qui a prêté serment le 28 novembre, suite à un test positif au Covid-19.