Les ministres de l’Agriculture de l’UE se retrouvent le 24 février à Bruxelles. Deux sujets sont inscrits, à ce stade, à l’agenda : la situation des marchés et les moyens de garantir que les politiques de l’UE sont bien adaptées aux spécificités des zones rurales. Les Vingt-sept prendront connaissance de la Vision sur l’agriculture et l’alimentation que vient de présenter la Commission européenne. Mais la discussion de fond sur ce point attendra le mois de mars.
- Préoccupations sur les importations d’engrais russes
Les ministres des Vingt-sept feront, le 24 février, un de leurs points réguliers sur la situation des marchés agricoles de l’UE. Lors de la réunion des experts nationaux du Comité spécial agriculture, le 14 février, la Commission européenne a mis en avant le nombre croissant de signaux positifs qui témoignent d’un retour à une situation plus normale en termes de prix, de production et de coûts des intrants sur la plupart des marchés. Elle admet toutefois que « des défis subsistent, notamment dans les secteurs du vin, des céréales et de la production animale ». De nombreuses délégations ont fait part des préoccupations liées aux importations européennes de produits agricoles en provenance d’Ukraine, principalement les pays frontaliers, alors que la Commission européenne tarde à présenter sa révision de l’accord d’association avec Kiev.
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Plusieurs délégations ont, aussi, souligné la nécessité de faire preuve de prudence en ce qui concerne les droits à l’importation sur les engrais en provenance de Russie et de Biélorussie que vient de proposer la Commission européenne. Elles appellent à surveiller les prix à l’importation de ces produits. Quelques États membres préviennent qu’il est nécessaire de trouver des solutions de remplacement pour réduire la dépendance à l’égard de ces importations.
- Améliorer le « test rural »
Les ministres auront aussi un échange de vues sur la mise en œuvre du principe du « test rural » (rural proofing en anglais), pratique volontaire appliquée depuis 2021 consistant à réexaminer toutes les politiques afin de s’assurer qu’elles sont adaptées aux besoins des personnes vivant dans les zones rurales. Le rapport de la Commission intitulé Une vision à long terme pour les zones rurales de l’UE : principales réalisations et pistes pour l’avenir, publié en mars 2024, montre que les solutions proposées jusqu’ici n’ont permis ni de vérifier le réel impact des politiques de l’UE sur le développement rural ni de garantir que les différentes sources de financement du développement rural sont combinées efficacement.
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Dans un document préparé à l’occasion de ce nouveau débat, la présidence polonaise du Conseil de l’UE pose deux questions aux États membres : comment améliorer le dispositif de test rural et comment mieux intégrer le développement rural dans les politiques de l’UE autres que la Pac afin d’accroître leur impact sur la cohésion et réduire les disparités en matière de développement urbain/rural ?
- Premier regard sur la Vision
La Commission européenne informera les ministres sur sa Vision pour l’agriculture et l’alimentation qu’elle a dévoilée le 19 février. Aucun débat n’est prévu, mais les délégations qui désireraient prendre rapidement la parole pourront le faire. Une discussion approfondie est prévue pour la réunion du Conseil Agriculture des 24 et 25 mars.
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L’Allemagne, quant à elle, présentera aux autres délégations les conclusions de la conférence du Global forum for food and agriculture qui s’est tenue le 18 janvier, en marge de la Grune Woche à Berlin, réunissant 62 ministres de l’Agriculture. Dans leur déclaration finale, ces derniers s’engagent à promouvoir une bioéconomie durable, la sécurité alimentaire mondiale, la conservation de la biodiversité et l’atténuation du changement climatique.
Enfin, la Slovaquie alertera le Conseil sur la nécessité de tenir compte de la situation particulière des chiens de chasse dans le cadre de la proposition de règlement sur le bien-être des chiens et des chats en cours d’examen dans les institutions européennes.