Les ministres de l’Agriculture de l’UE se réunissent le 27 janvier à Bruxelles pour leur premier Conseil sous présidence polonaise. Celle-ci présentera son programme de travail pour le premier semestre. Les Vingt-sept auront deux discussions, l’une sur les deux propositions de la Commission européenne visant à renforcer le pouvoir de négociation des agriculteurs et l’autre sur de nouvelles simplifications des obligations de la Pac. Ils feront un de leurs points réguliers sur les questions agricoles liées au commerce (alors que viennent d’être finalisées les négociations commerciales avec le Mercosur et le Mexique). Autres sujets à l’agenda : les risques climatiques pour les pays méditerranéens, la fièvre aphteuse en Allemagne et les résidus de pesticides sur les produits importés.
Pratiques commerciales : faire avancer les travaux
Les ministres des Vingt-sept devraient avancer dans leurs discussions sur les récentes propositions de la Commission européenne visant à renforcer le rôle des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire. Présentées début décembre, elles comprennent deux textes : des amendements au règlement OCM de la Pac pour renforcer le pouvoir de négociation des agriculteurs et un règlement permettant une application transfrontalière de la directive sur les pratiques commerciales déloyales. Les États membres soutiennent les grandes lignes de ce projet mais certains espèrent quelques ajustements.
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La délégation slovaque présentera à cette occasion un document insistant sur la nécessité de mieux lutter contre les pratiques commerciales déloyales et d’empêcher l’abus de position dominante par certains acteurs de la chaîne d’approvisionnement alimentaire.
Simplification : les États membres veulent avoir leur mot à dire
Alors que la Commission européenne prépare un nouveau paquet de simplification des démarches administratives auxquelles sont soumis les agriculteurs, la présidence polonaise du Conseil veut recueillir les idées que pourraient avoir les États membres en la matière. Leurs ministres de l’Agriculture seront invités à répondre à trois questions : « Quelles sont les améliorations raisonnables afin d’éviter des conséquences financières importantes pour les États membres dans le cadre de la procédure de mise en œuvre ? » ; « Quelles améliorations de l’architecture verte de la Pac sont nécessaires ? » ; et « quels autres éléments spécifiques du cadre législatif existant pourraient être modifiés au stade actuel ? ».
L’Allemagne va de son côté plaider (avec le soutien de seize autres délégations) pour une simplification des contraintes imposées à l’agriculture biologique.
Commerce international : tour d’horizon
À l’occasion de cette première réunion sous présidence polonaise, les ministres de l’Agriculture tiendront leur traditionnel débat avec la Commission européenne sur l’état d’avancement des questions commerciales en matière agricole. À ce titre, Bruxelles devrait donner un aperçu des négociations commerciales en cours alors qu’elle a récemment annoncé la finalisation des pourparlers avec le Mercosur (6 décembre) et le Mexique (17 janvier) ainsi que la reprise des échanges avec la Malaisie (20 janvier) dans un contexte global incertain marqué par le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.
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Lors de la réunion préparatoire du comité spécial Agriculture du 20 janvier, plusieurs sujets ont été mis en avant par les délégations comme la réserve supplémentaire d’un milliard d’euros prévue dans le cadre de l’accord UE/Mercosur pour compenser les perturbations des marchés agricoles, les craintes quant à la prochaine révision de la zone de libre-échange approfondie et complète avec l’Ukraine ou encore la nécessité d’avoir des conditions justes pour les agriculteurs de l’UE dans les accords de libre-échange. À cette occasion, les États membres auraient également évoqué la possibilité de réaliser d’études supplémentaires de la Commission, par exemple sur l’impact des accords commerciaux sur le marché de l’UE.
Méditerranée, fièvre aphteuse et résidus pesticides
Les ministres des neuf États membres méditerranéens de l’UE (MED9) présenteront une déclaration commune dans laquelle ils demandent des solutions pour faire aux défis qui attendent l’agriculture de ces pays du fait du réchauffement climatique. Ils comptent tout particulièrement sur la future stratégie sur la résilience en eau que doit présenter la Commission européenne.
L’Allemagne fera, pour sa part, le point de la situation sur les foyers de fièvre aphteuse découverts dans le pays ainsi que les mesures prises pour éviter la propagation de cette épizootie.
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Enfin, le Luxembourg évoquera les « pratiques commerciales internationales équitables pour les agriculteurs, notamment en ce qui concerne les tolérances d’importation pour les résidus de produits phytopharmaceutiques réglementés dans l’UE ».