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Drôme Conventionnel et bio se marient au silo de Chabeuil

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Au côté de ses activités en conventionnel, la coopérative CDC, dans la Drôme, souhaite développer le bio. En plus d’un nouveau silo, une usine de fabrication d’aliment bio va être mise en marche dans les prochaines semaines.

Quelque 12 000 tonnes de céréales bio, cela représente la moitié de la production de céréales bio en Rhône-Alpes. C’est aussi le volume que collecte actuellement la coopérative drômoises de céréales (CDC), qui espère, grâce à un nouvel outil mis en service cet été, atteindre rapidement les 19 500 tonnes de céréales bio collectées. À la veille de l’ouverture du salon professionnel Tech & Bio sur les techniques bio et alternatives, dans la Drôme, le 17 septembre, les partenaires du projet présentaient leur bébé. « C’est un outil de la filière », ont-ils insisté. Le silo bio, inauguré à Chabeuil en juillet, est flanqué d’une toute nouvelle usine d’aliments bio, destinée à produire des aliments pour les humains, mais surtout pour les 22 élevages de volailles en lien avec la coopérative-soeur Val Soleil. À la clé : la relocalisation de l’approvisionnement de la filière avicole.
 
« Solidarité »
Il aura fallu un investissement de 5 millions d’euros (avec les soutiens de l’Agence bio, de l’Europe, de la Région et du département) pour le silo et 1,8 million d’euros (subventions : Etat, Région, département) pour l’usine de transformation. Pour CDC, ce projet est le fruit de la solidarité entre les agriculteurs bio et conventionnels : l’investissement a été voté par le conseil d’administration pour donner les moyens aux 150 adhérents bio (sur les 2 100 agriculteurs livreurs que compte la coop) de gérer ces 12 000 tonnes bio, sur les 300 000 tonnes de céréales que collecte au total CDC.
 
Répondre à un marché
Pourtant, les céréales biologiques ne sont arrivées que progressivement au sein de la CDC. Démarchée par plusieurs « pionniers » de la production biologique, selon les mots de Christophe Pelletier, son directeur, la coopérative s’est lancée vers ce marché. Avec un pouvoir d’achat rhônalpin supérieur à la moyenne nationale et de bonnes conditions pour la production, le bio est en effet une opportunité pour la région. Elle est d’ailleurs l’une des trois régions françaises où les surfaces en agriculture bio sont les plus importantes. Quant au département de la Drôme, il compte 16,5% de ses surfaces en bio. Au sein de CDC, la dynamique a pris : désormais, 150 céréaliers bio livrent à la CDC.
 
Des particularités
Mais le travail sur les céréales bio est différent du travail en conventionnel, explique Christophe Pelletier : « En conventionnel, on nous amène les récoltes et nous tâchons de vendre au mieux pour satisfaire les agriculteurs. Au contraire, en bio on essaie d’être beaucoup plus actifs avec les agriculteurs, et d’apporter au marché ce dont il a besoin. » Un changement de logique qui a d’autres particularités : cela « nous oblige à adopter des politiques contractuelles fortes et à amener les agriculteurs à faire ce dont le marché a besoin ; par exemple, des variétés très particulières de blé », note Christophe Pelletier.
S’adapter au marché est donc le maître mot. Or le marché change : alors que le bio s’adressait initialement à des particuliers, aujourd’hui, la demande la plus forte vient de la restauration collective, analyse la CDC. Les choix techniques de fonctionnement de ces deux outils de production en sont le reflet : l’optimisation de la traçabilité pour répondre à une exigence plus forte de la restauration collective. En outre, une automatisation importante des process vise à limiter les coûts de travail humain, pour proposer un bio plus compétitif. « Ce qui est important, c’est que le projet répond à une demande de l’aval », renchérit Anne-Claire Vial, présidente de la Chambre d’agriculture de la Drôme. Il n’est pas le fruit d’une « décision politique », mais « un projet de filière », a-t-elle martelé.

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