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Cook-e se dote de moyens pour faire de son robot cuisinier un succès

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Le robot Cook-e peut être piloté directement par le client final. Crédits : © Cook-e

La levée de fonds d’un montant de 5 millions d’euros que vient de boucler Cook-e va permettre à la start-up de finaliser son robot cuisinier et de lancer sa commercialisation en leasing.

« Face à l’envolée des coûts salariaux, des matières premières et à l’absence de baisse des loyers commerciaux, la restauration qui générait déjà de faibles marges, est de plus en plus sous pression » : cette analyse faite par Alexandre Auriac, ex-cofondateur de la chaîne de restaurants Big Fernand et actionnaire Cook-e permet de comprendre pourquoi les restaurateurs sont en quête de solutions pour restaurer leurs marges. Encore faut-il leur offrir une solution fiable, permettant d’obtenir un résultat impeccable, accessible financièrement et source de potentiels développements pour leur affaire.

A cette question, Cook-e a répondu en lançant son robot, capable de cuisiner des woks, bowls, pâtes et salades, à partir de 30 ingrédients différents, atteignant des cadences élevées allant jusqu’à 250 plats à l’heure, chauds ou froids. « L’enjeu est surtout d’offrir au client restaurateur un robot fiable, assorti d’un service de maintenance, conçu pour être réparé facilement en s’appuyant sur un service de dépannage très rapide », explique Alexandre Auriac. Pour cela, le robot a été conçu dès l’origine pour pouvoir être réparé facilement grâce à deux modules distincts, l’un consacré au stockage des matières premières et l’autre consacré à la cuisson. En cas de dysfonctionnement, Cook-e intervient pour remplacer le module entier, sans immobiliser longtemps la machine. Le robot peut fonctionner en « mode dégradé », c’est-à-dire à une cadence plus faible ou avec moins de choix de plats, mais le service est tout de même assuré. Il a été conçu de manière à prendre peu de place (2,7 m2 au sol) et nécessitant une arrivée d’eau, une sortie d’eau, un branchement électrique mais pas d’extracteur (pour pouvoir fonctionner hors d’une cuisine professionnelle).

Plusieurs versions du robot ont été mises au point pour s’adapter aux différents profils de clients à satisfaire. : « une version collaborative pour être installée en cuisine de restaurant et fonctionnant avec un opérateur, une semi-automatique pour les food court ou les hôtels, nécessitant le concours du client final qui pose son assiette dans laquelle le robot dépose la plat, une automatique permettant de livrer le plat directement dans une barquette, adaptée aux aéroports, gares et stations-services, et une version grands volumes comprenant plusieurs machines associées à un convoyeur pour répondre à la demande de la restauration collective », détaille Alexandre Auriac.

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Lancement commercial en 2024

Deux machines vont être testées à partir du mois de novembre, l’une chez Sodexo, l’autre au sein d’un grand groupe hôtelier, toutes deux proches de l’atelier de Cook-e pour assurer une maintenance optimale. « L’année 2024 sera celle du lancement commercial, qui nécessitera une fabriquer à plus grande échelle que nous le faisons actuellement », annonce Alexandre Auriac. La fabrication est aujourd’hui réalisée dans l’atelier de Cook-e en région parisienne, afin de maîtriser parfaitement la maintenance et les évolutions à venir. Pour la commercialisation, l’idée est de proposer le robot en leasing afin que l’exploitant règle une prestation incluant la location et la maintenance.

Dans ce cadre, une option pourrait être proposée : un service d’approvisionnement de la machine en matière premières. « Proposer l’approvisionnement permettrait à un utilisateur de mettre en avant vis-à-vis de ses clients des produits locaux, bio ou qualitatifs issus de filière que nous pourrions mettre en place, ce qui représente un véritable atout à l’heure où les clients finaux accordent de plus en plus d’importance à la provenance et la qualité des matières premières utilisées en restauration », poursuit Alexandre Auriac.

Le projet Cook-e, lancé par trois ingénieurs, Raphaël Théron (Polytechnique, cofondateur de PriceMatch), Ludovic Ho Fuh (CentraleSupélec, ex-Dyson et Softbank Robotics) et Quentin Guilleus (docteur de Polytechnique/CEA, ex-Softbank Robotics et Balyo) vient de séduire plusieurs investisseurs : le 12 octobre 2023, la start-up a ainsi annoncé une levée de fonds de 5 millions d’euros « menée par le fonds Breega avec une participation significative du fonds Vis Vires New Protein. Les autres fonds impliqués sont High Flyers Capital et l’actionnaire historique de Cook-e, Karot Capital », indiqué la société, qui avait déjà mobilisé 1,15 million d’euros en 2021.