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Réforme de la Pac Copa et Cogeca floues sur les aides directes dans la Pac de l’après-2013

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Les dirigeants des organisations agricoles et coopératives européennes (Copa et Cogeca) ont pris position le 4 mai en faveur du maintien des aides directes après 2013 tout en restant très flous sur l’épineuse question de leur répartition future entre et dans les Etats membres. A l’avenir, selon eux, il serait opportun de ne plus autoriser le transfert de ces paiements du premier pilier (soutien des marchés) vers le deuxième pilier (développement rural).

«Une Pac forte après 2013 sera plus essentielle que jamais », a déclaré Padraig Walshe, le président du Copa. « Peu de priorités peuvent être plus importantes pour les citoyens européens que la sécurité, la sûreté et la stabilité de leur approvisionnement en denrées alimentaires produites de manière durable », a-t-il expliqué. Les dirigeants agricoles européens se disent fermement opposés à toute renationalisation de la Pac et à tout cofinancement supplémentaire, ce qui, précisent-ils, « conduirait à des distorsions de la concurrence et risquerait de miner le marché unique ». Dans leur prise de position, ils mettent l’accent sur le rôle central des aides directes après 2013. Des aides, soulignent-ils, qui représentent en moyenne les deux tiers des revenus des producteurs, grâce auxquelles les agriculteurs sont en mesure de fournir une série de bénéfices publics appréciés par la société qui ne sont pas rémunérés par le marché. Référence est notamment faite à l’emploi et à la viabilité économique des zones rurales, à l’entretien de paysages ruraux attrayants et diversifiés, à la sécurité alimentaire ainsi qu’à une production durable respectant les normes les plus élevées au monde.

Réserver les aides directes aux agriculteurs en activité
Favorable à la suppression de la modulation, le Copa-Cogeca estime, en revanche, que la possibilité pour les Etats membres de transférer une partie de ces paiements pour aider les secteurs ou les régions vulnérables doit être être maintenue, mais dans des proportions limitées afin d’éviter les distorsions de concurrence. Il est aussi nécessaire, estime-il, de garantir que les aides directes soient distribuées aux agriculteurs en activité et non aux propriétaires fonciers n’exerçant pas d’activité agricole. Faisant référence à une étude réalisée récemment pour le compte de la direction de l’agriculture de la Commission européenne (Scenar 2020 II), le Copa-Cogeca avertit qu’une réduction de ces paiements conduirait à une diminution considérable du nombre d’agriculteurs, à un abandon des terres ainsi qu’à l’intensification et à la concentration de la production restante dans certaines zones. Les ajustements à apporter à la future Pac, poursuit le Copa-Cogeca, devraient se concentrer sur l’accroissement de la stabilité pour les consommateurs et le renforcement du rôle économique des agriculteurs. Pour ce faire, explique-t-il, l’Europe a besoin de nouveaux outils permettant aux agriculteurs de faire face à la volatilité du marché ainsi que de mesures destinées à consolider leur position au sein de la chaîne alimentaire face à l’immense pouvoir d’achat d’une petite poignée de transformateurs et de supermarché. Les producteurs ne reçoivent que 20 % du prix que les consommateurs paient, alors que cette part s’élevait à 30 % il y a dix ans, déplore Paolo Bruni, le président de la Cogeca.

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