Emmanuel Macron a annoncé un large plan de soutien à l’avion « zéro émission », dont 200 M€ pour les biocarburants aéronautiques. Une nouvelle usine va notamment se construire en France, à nouveau issue de la filière bois.
Lors d’un déplacement à l’usine de moteurs d’avions Safran à Villaroche (Seine-et-Marne), le président Emmanuel Macron a annoncé le 16 juin un large plan de soutien au développement de l’avion « zéro émission ». L’État va « tripler son effort sur la période 2024-2030 », pour soutenir le développement d’un nouveau moteur plus économe encore en carburant, ainsi que la conception d’avions plus légers, a indiqué Emmanuel Macron. Parallèlement, l’État va investir 200 millions d’euros (M€) dans le développement des biocarburants innovants, avec l’objectif d’en produire 500 000 tonnes par an à l’horizon 2030.
Une usine de carburants durables, BioTjet, portée par la société Elyse Energy, avec Avril, Bionext et IFP Investissements, va notamment « s’ouvrir à Lacq » (Pyrénées-Atlantiques) et « créer 700 emplois directs », a affirmé le chef de l’État. Lancé en 2010 par plusieurs industriels dont Avril, le projet BioTFuel permet de produire des biocarburants avancés avec de la biomasse ligno-cellulosique. L’usine, qui doit entrer en service en 2028, se fournira en biomasse composée de résidus issus majoritairement de la sylviculture locale et de déchets de bois - des déchets de vignes sont également évoqués et des tests sont en cours pour valoriser des grignons d'olives. Les seules grandes usines de biocarburants lancées en France l’ont été jusqu’ici par la filière bois/forêt.
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Le sucre en embuscade
Mais la filière agricole n’a pas dit son dernier mot. Quatre jours plus tard, le 20 juin, à l'occasion du Salon de l’aéronautique au Bourget, l’entreprise Global Bioenergies – qui développe notamment des biocarburants dérivés de la mélasse de l’industrie betteravière –, a annoncé qu’elle venait de décrocher la certification carburant durable (Saf) de l’ASTM international. L’industrie du transport aérien exige que tout carburant soit certifié par cet organisme, selon une norme qui décrit les exigences de spécification du carburant et le pourcentage de mélange maximal avec les carburants conventionnels. Elle leur permet d’être considérés comme des carburants sûrs, pouvant être utilisés dans des avions de ligne et les infrastructures existantes à l’échelle internationale, jusqu’à 50 % en mélange avec du kérosène fossile.
Pour l’heure, le premier débouché concrétisé par Global Bioenergies reste la cosmétique. Selon Agra Innovation, la société prévoit, à long terme, de se doter d’un site d’une capacité de 30 000 tonnes par an pour produire à destination du secteur aérien. Une co-entreprise (ViaViridia) a été créée avec Cristal Union pour mener à bien ce projet, qui devrait être situé près d’un site de l’industriel sucrier.