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Biomasse Coup de rabot sur le tarif de rachat de l’électricité

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Un an après avoir fortement revalorisé le tarif d’obligation de rachat de l’électricité produite par cogénération à partir de biomasse, le gouvernement l’a raboté de 3,6%. En contrepartie il est ouvert aux unités de moyenne puissance des scieries. Comme dans la filière photovoltaïque, cette décision ne donne pas confiance aux professionnels pour investir.

C’est la douche froide. Le tarif de rachat de l’électricité produite par les centrales à biomasse a été abaissé de 3,6% par un arrêté du ministère de l’Ecologie paru le 30 janvier 2010 au Journal officiel. Cette décision touche les unités de cogénération d’électricité à partir de biomasse (principalement de palettes forestières). Fin 2009, un tarif d’obligation d’achat pour les unités de plus de 5 MW multipliant par 2, voire 3, le précédent a été mis en place. Selon l’efficacité énergétique des installations et la matière première utilisée, le Mégawatt heure (MWh) était racheté entre 125 et 175 euros. Un an après, ce tarif est donc déjà remis en cause. Pourtant, cette revalorisation avait été bien accueillie par les professionnels mais elle était considérée comme une limite basse. Les projets qui avaient fait leur demande complète de raccordement auprès d’EDF pourront bénéficier du tarif de 2010.
La baisse de 3,6 % des tarifs d’achat proposée induit « une diminution des rentabilités des projets de plus de 5 mégawatts », estime la Commission de régulation de l’énergie (CRE) dans un avis paru dimanche au JO. « Cependant, les tarifs proposés paraissent appropriés : ils induisent des rentabilités normales, sans être excessives », ajoute la CRE. En contrepartie, ce tarif est désormais ouvert aux unités de cogénération de taille moyenne des scieries comprises entre 1 et 5 MW. Ces installations sont généralement destinées à alimenter en vapeur les scieries pour leurs besoins de séchage. Mais pour la CRE, cette dérogation accordée aux scieries « pourrait engendrer de forts conflits d’usage sur la mobilisation de produits connexes de scierie » dont une grande partie est à l’heure actuelle valorisée par l’industrie de la trituration.

Effet yoyo

Dans un contexte de restriction budgétaire, cette baisse est le moyen trouvé par les pouvoirs publics pour élargir la mesure en restant à enveloppe constante. Mais comme pour la filière photovoltaïque, ces « effets de yoyo » ne donnent pas confiance aux investisseurs qui manquent de visibilité. « Aujourd’hui je crains que cette nouvelle tarification – revue à la baisse – ne freine le développement de la filière et que l’on n’atteigne pas les objectifs du Grenelle de l’environnement », a témoigné Franck Lacroix, directeur général de Dalkia France, filiale énergie de Veolia dont la principale activité est la production d’électricité à partir de biomasse, lors du colloque du syndicat des énergies renouvelables le 1er février. La production actuelle d’électricité à partir de biomasse est estimée à 600 MW alors que le Grenelle a fixé un objectif de 2 300 MW à l’horizon 2020.

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