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Covid-19 : plusieurs distributeurs vont verser une prime de 1 000 € à leurs employés

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Les principaux distributeurs hexagonaux ont annoncé qu'ils allaient verser une prime défiscalisée de 1000 euros à certains de leurs salariés, comme les y a incités le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. Les personnels travaillant aux sièges ne sont pas concernés.

Le distributeur Auchan a annoncé le 22 mars le versement d’une prime de 1 000 euros à 65 000 salariés français « pour saluer leur exceptionnel engagement dans la crise sanitaire » du coronavirus. « L’ensemble des collaborateurs des magasins, entrepôts, drives, services de livraison à domicile et site de e-commerce » se verront verser cette prime forfaitaire, a indiqué la société dans un communiqué. Auchan a salué « l’engagement sans faille » des salariés qui « a permis de maintenir ouvert l’ensemble des magasins, des drives et des services de livraison ». Edgard Bonte, président d’Auchan Retail, a par ailleurs rappelé la mise en place de mesures de protection dans l’ensemble des magasins Auchan.

Début mars, le groupe familial en difficulté, qui s’est recentré ces derniers mois autour de deux pôles : la distribution (Auchan Retail) et l’immobilier (Ceetrus), a indiqué à l’occasion de la publication de ses comptes annuels que ceux-ci enregistraient les premiers effets de son plan de relance. Ainsi l’Ebitda d’Auchan Retail s’est établi à 1,831 Mrd€ en 2019, soit une progression de 14 % sur un an à taux de change courants et une croissance de 9 % à périmètre comparable.

Le distributeur français qui réalise environ 29 % de son chiffre d’affaires en Asie, indiquait également à l’époque que « l’évolution des résultats économiques est […] dépendante des conséquences du Covid-19 sur l’économie en Chine et sur les résultats de Sun Art Retail (sa coentreprise avec le conglomérat taïwanais Ruentex et le géant chinois du e-commerce Alibaba, ndlr) qu’il est prématuré d’évaluer, ainsi que dans les autres pays », selon le communiqué.

Auchan, pourtant en difficulté, n'est pas le seul distributeur français à annoncer un effort financier pour ses salariés. Ainsi, le groupement des Mousquetaires "souhaite reconnaître ces situations de travail inédites en posant le principe d’une rétribution annuelle exceptionnelle de 1 000 euros, dont les modalités seront discutées avec les partenaires sociaux lors d’un Comité de Groupe exceptionnel qui aura lieu lundi 23 mars", peut-on lire dans un communiqué diffusé le 22 mars. Cette prime concernera les salariés des unités de production agroalimentaires et des bases logistiques intégrées, précise le groupement qui fait travailler 11 000 collaborateurs chez Agromousquetaires (62 sites) et 7000 collaborateurs dans la logistique. S'agissant d'un groupement de commerçants indépendants, Les Mousquetaires invitent "l’ensemble des chefs d’entreprise Intermarché et Netto à tout faire (...) pour mettre en œuvre ce principe d’une rétribution annuelle exceptionnelle, destinée à l’ensemble de leurs collaboratrices et collaborateurs."

La Coopérative Système U a pris une mesure du même ordre le 23 mars : une prime de 1 000 euros pour les salariés des entrepôts et de la logistique, et une incitation à le faire pour les commerçants affiliés.

"Les adhérents du mouvement E.Leclerc accorderont évidemment cette prime (de 1 000 euros, ndlr) aux salariés des entrepôts et bases logistiques des 16 coopératives régionales de l'enseigne", indique un communiqué d'E. Leclerc. "L'enseigne invite l'ensemble des magasins indépendants de son réseau à définir les modalités d'organisation d'une juste gratification", peut-on lire.

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Primes exceptionnelles chez Carrefour et Lidl

"J'ai pris la décision aujourd'hui (...) d'octroyer à toutes les équipes qui sont sur le terrain, magasins, entrepôts, drives, une prime de 1 000 euros net qui leur sera versée en signe de notre reconnaissance pour l'extraordinaire engagement qui est le leur en ce moment", a déclaré de son côté Alexandre Bompard, le p.-d.g. de Carrefour, sur France 2 le 22 mars. Les modalités n'ont pas été détaillées pour l'instant.

Enfin, Lidl a aussi décidé de porter la prime de pouvoir d'achat à 1000 euros pour "ses salariés mobilisés en front office durant la crise", selon un communiqué diffusé le 23 mars. Après un versement de 400 euros en février, ces salariés recevront donc un versement supplémentaire de 600 euros.

Ces primes à venir concernent les salariés au contact des clients, dans les magasins ou pour les livraisons, ceux de la logistique ou de la production comme dans le cas d'Agromousquetaires. Ceux des sièges sociaux ne sont pas concernés, ce que la CFDT d'Auchan n'a pas manqué de relever. Si elle a salué "le geste de la direction, "il faut penser aussi à celles et ceux qui, assignés à résidence en télétravail, font fonctionner l'entreprise", indique-t-elle dans un communiqué. "Pour la CFDT une gratification exceptionnelle doit leur être aussi donnée", estime le syndicat. Un avis qui n'est pas partagé par la fédération CGT du commerce et des services. "Aujourd'hui, nous comptabilisons de plus en plus de salariés de nos secteurs qui sont contaminés par ce virus", selon le syndicat, pour qui "agiter la prime de 1 000 euros pour encourager les salariés à travailler, qui plus est dans des conditions dangereuses, relève du mépris le plus total pour la vie humaine". La CGT Commerce et services "exige que toutes les mesures de protection soient mises en place immédiatement pour les salariés qui n'ont d'autre choix que de travailler", et appelle "tous les salariés contraints de travailler à exercer leur droit de retrait dès lors qu'ils craignent pour leur santé".

Cette prime de 1 000 euros défiscalisée que les entreprises peuvent verser à leurs salariés mobilisés pendant la crise sanitaire du coronavirus ne sera plus soumise à "aucune condition" préalable, a annoncé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire le 24 mars. "Nous levons l'obligation d'accord d'intéressement", a annoncé le ministre sur France Info.