Grâce au rapprochement entre BCS et l’italien Lanterna, Boulangerie de l’Europe va prendre un nouvel essor. Spécialisé dans la fabrication industrielle de boulangerie et de viennoiserie «prêtes-à-cuire» surgelées, le groupe BCS vient de prendre une participation de 60 % au sein de Boulangerie de l’Europe, filiale du groupe Lanterna Alimentari Genova depuis 2004. Objectif : créer un pôle européen de la boulangerie représentant un chiffre d’affaires global d’environ 130 millions d’euros. Très présent en France, BCS distribuera les produits du leader italien de focaccia, pain et spécialités, et réciproquement. Quant à Boulangerie de l’Europe, elle bénéficiera de la technologie de fabrication de pain prêt-à-cuire, baptisée Process 124, du groupe BCS qui va investir 2,5 millions d’euros pour l’installation.
Gardant comme objectif de constituer un ensemble européen dans le domaine de la boulangerie industrielle, le groupe français BCS vient de nouer un accord avec l’italien Lanterna Alimentari Genova selon lequel BCS prend une participation majoritaire au sein de Boulangerie de l’Europe, filiale du groupe italien, à hauteur de 60%. Le groupe italien reste actionnaire minoritaire au sein de la société française. Ce partenariat revêt également un volet commercial, dans la mesure où BCS, leader français dans le domaine de la fabrication de boulangerie et de viennoiserie « prêtes-à-cuire », commercialisera les produits du groupe Lanterna dans l’Hexagone, et inversement. Le groupe BCS prend ainsi une dimension internationale et Lanterna se renforce en France et « consolide sa position de leader du pain français en Italie ». « Le groupe BCS reste numéro un en France sur le marché du pain précuit qui enregistre des progressions à deux chiffres. Il est important de nous coller à ce marché. Depuis 2000, nous avons opéré pour être présent dans le Sud de la France avec notamment l’acquisition de Sud Panification en 2002. Nous gardons maintenant la même stratégie dans le Nord afin de nouer un maillage qui nous permette de répondre au mieux aux industriels mais également à la grande distribution dont l’intérêt bascule du pain cru vers le pain précuit », explique Jean-Luc Couturier, président du directoire de BCS.
Complémentarité géographique
Spécialisée dans les pains précuits et surgelés, Boulangerie de l’Europe garde une position forte à l’international. Plus de 80 % de son chiffre d’affaires de 12 millions d’euros sont réalisés à l’export. Son objectif affiché depuis déjà deux ans restait de devenir un groupe européen mais également de développer sa présence en France Cf Agra alimentation n°1908 du 08/12/2005 page 26. C’est désormais chose faite ! Implantée à Reims, dans la Marne, la société emploie quelque 105 personnes sur son site d’une capacité d’environ 20 000 tonnes et doté de quatre lignes de production. Créée en 1967, la société s’est tournée en 2001 vers le belge Puratos afin de soutenir sa croissance qui était alors de l’ordre de 25 à 30% par an. Deux ans plus tard, le belge cède Boulangerie de l’Europe au groupe italien Lanterna Alimentaria Genova, jeune entreprise spécialisée dans la production de focaccia précuites et surgelées qui affiche aujourd’hui un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros et emploie 80 personnes.
Investissement de 2,5 M EUR
Instigateur du Process 124, « procédé innovant pour la fabrication de pain prêt-à-cuire », BCS va investir immédiatement 2,5 millions d’euros afin d’en équiper le site de Boulangerie de l’Europe, « ce qui lui permettra de conforter son offre en boulangerie prête-à-cuire et de moderniser son procédé de fabrication », indique Christophe Roux, responsable marketing du groupe français. « Notre objectif reste d’augmenter le chiffre d’affaires de Boulangerie de l’Europe à 20 millions d’euros d’ici deux ans », poursuit-il. « La stratégie du groupe BCS reste de bien conforter sa position en France puisque nous avons encore des capacités pour le faire et dans un même temps de développer son chiffre d’affaires à l’export », précise Christophe Roux. Et le marché semble être demandeur. Alors qu’en 2004, le marché du précuit surgelé a représenté 292 000 tonnes de pains (poids cru), il devrait atteindre quelque 420 000 tonnes en 2010, soit une progression d’environ 7 % par an. « Alors que la demande en pain cru commence à stagner, le marché des prêts-à-cuire, confidentiel au départ, augmente fortement et devrait prochainement atteindre le même niveau de production que le pain cru », explique Christophe Roux. Selon la Fédération des entreprises de boulangerie et pâtisserie françaises, le chiffre d’affaires global des industries de la BVP s’élève à 4,8 milliards d’euros, en progression de 5% en 2004. La production totale de pain aurait atteint 820 000 tonnes, dont 23% en précuit.
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Stratégie de croissance externe
Avec un chiffre d’affaires de 90 millions d’euros en 2006, le groupe BCS tient une place prépondérante sur le marché de la boulangerie et de la viennoiserie. Le groupe français a construit pas à pas son leadership aussi bien par croissance interne que par croissance externe. Après avoir acquis Jacquet Céréales Technologies l’année dernière, le groupe dirigé par Jean-Luc Couturier a intégré en début d’année la société Le Fournil Bittérois. Basée à Colombiers, dans l’Hérault, cette dernière est spécialisée dans le pain sur four à sole et affiche un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros. La société est rebaptisée Le Fournil. A l’heure actuelle, le groupe détient neuf filiales gérées de manière autonome auxquelles vient se greffer la Boulangerie de l’Europe. Et Jean-Luc Couturier n’a pas épuisé toutes ses réserves et n’exclut pas l’éventualité d’une nouvelle croissance externe.
Employant 700 personnes, BCS possède désormais huit sites industriels en France (Tarascon, Pithiviers, Saint-Paul-en-Jarez, La Seyne-sur-Mer, Carros, Terville, et Colombiers) y compris celui de la Boulangerie de l’Europe à Reims. Le groupe, dont le siège social est basé à Tarascon, prévoit de réaliser des ventes de 100 millions d’euros cette année, dont 10 % à l’international. En outre, l’actionnariat du groupe BCS a évolué l’année dernière. Advent International alors propriétaire de 80% du capital du groupe de Tarascon a revendu ses parts à Ardem qui est devenu l’actionnaire majoritaire à hauteur de 45%. La holding familiale détenue par les familles Couturier et Leleu, fondatrices du groupe, s’est alors associée à deux autres partenaires que sont le meunier Soufflet et l’union financière Unigrains. Ces derniers détiennent le solde du capital de BCS, respectivement à hauteur de 34% et 21%. Les rumeurs allaient bon train à l’époque quant à l’entrée de Soufflet au sein du capital du groupe français puisque BCS avait acquis, en 2000, la filiale de Soufflet, BVF (Boulangerie viennoiserie française).