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Entreprises & finances Crédit agricole peut et veut faire davantage pour l’agroalimentaire

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Un an après que la banque agricole a présenté son projet d’avenir pour le développement de l’agriculture et l’agroalimentaire, pour être un pilier de son rebond, la dette qui a frappé l’ensemble des pays européens a profondément modifié le contexte économique global et a contrarié l’amélioration espérée pour 2011 dans ces deux secteurs. « Toutefois, le Crédit Agricole reste sur ses priorités définies en 2010 et s’adaptera à la nouvelle donne induite par cette dette des Etats », affirme Jean-Marie Sander, président de Crédit Agricole SA. Dans un contexte difficile de volatilité des cours et des revenus, sans compter des crises climatiques, la banque se doit d’apporter des réponses novatrices pour soutenir tous les acteurs des filières.

L’agroalimentaire, priorité dans votre projet cela se manifeste par quoi ?

Tout d’abord, il faut avoir conscience que cette priorité affichée est partagée par l’ensemble du groupe. Celui-ci est engagé depuis de nombreuses années aux côtés des grands groupes qui assurent le rayonnement de l’économie française tant sur dans les régions et le pays qu’à l’international. Je pourrais citer Yoplait, Lesieur, Tereos, Cristal Union, les Grands Moulins de Paris ou les grandes maisons de négoce de champagne, que nous accompagnons dans leurs opérations commerciales ou de croissance externe. Cela n’exclut pas, bien évidemment, un engagement fort aussi aux côtés des PME. Nous voulons accompagner ces entreprises dans leurs cycles de vie de la création au développement et à la transmission. Ce dernier sujet nous préoccupe particulièrement. Certaines entreprises doivent fermer faute de repreneur.

Et au niveau de Crédit agricole SA ?

Plusieurs filiales de Crédit Agricole SA sont engagées aux côtés de l’agroalimentaire. Il y a Idia-Sodica, pour les entreprises de taille modeste, il y a aussi CACIB pour les grandes entreprises. Pour assurer une coordination d’ensemble et de toutes les banques du groupe mobilisées autour de ce secteur de l’économie, nous venons de créer un pôle spécifique au sein de Crédit Agricole SA et d’y concentrer des expertises. L’équipe est en train de se mettre en place et la société Foncaris, filiale de CASA qui partage les risques des caisses régionales sur leurs plus gros engagements, va la rejoindre.

Quel est votre objectif dans ces domaines ?

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Nous sommes leader, dans le financement des IAA, avec environ 38% de part de marché financière. Mais nous gardons un mental de challenger car l’objectif est d’aller plus loin dans l’accompagnement des entreprises agroalimentaires. On sait que le développement principal se fera sur l’export, l’international. Nous voulons y accompagner nos clients et nos futurs clients. Il nous faudra également être plus présent sur des opérations de restructuration en France mais aussi en Europe.

Est-on en phase de restructuration nécessaire de l’agroalimentaire français ?

Les taux de croissance les plus élevés seront demain dans les zones géographiques où l’évolution démographique sera la plus importante et s’accompagnera d’une augmentation du pouvoir d’achat et d’un changement des habitudes de consommation.
Dans un marché qui se mondialise, de nouveaux concurrents viennent chercher en France de nouveaux débouchés. Pour se développer à l’international et aller chercher la croissance là où elle est la plus forte, il faut disposer de moyens importants et d’une taille critique. Notre rôle est d’aider les entreprises à acquérir cette dimension et les accompagner dans la conquête de ces nouveaux territoires.

Que peut faire, concrètement, une banque comme le Crédit agricole ?

Regardez la complexité que représente une implantation en Chine. Sur le plan fiscal, administratif, financier, il faut y être accompagné par des partenaires, chinois parfois, dans tous les cas par des partenaires qui, comme nous, y sont déjà présents de longue date. Nous avons des équipes, mais les investisseurs trop souvent ne viennent les trouver qu’après avoir rencontré les premiers problèmes. Il vaut mieux anticiper et venir nous voir avant.


On ne vous utilise pas assez ?
En effet. Nous avons les outils pour accompagner les entreprises de l’agroalimentaire, dans toutes les grandes régions du monde. Nous sommes capables de les aider à trouver des partenaires locaux, car souvent une implantation réussie passe par des alliances. Nous pouvons répondre à ces attentes, comme le font nos concurrents comme ABN Amro pour leurs ressortissants nationaux. Nous n’avons pas sur ce segment la part de marché que nous sommes en droit d’espérer de par notre organisation et notre expérience.

Pour l’agriculteur, avoir un contrat avec un industriel ou un distributeur constitue-t-il un atout pour pouvoir faire financer ses investissements par son banquier ?
Oui, incontestablement. Mais nous n’en faisons pas une clause, ou une condition indispensable. C’est un atout mais il n’implique pas automatiquement des conditions meilleures de financement.

Beaucoup d’entreprises importantes des IAA ont été rachetées par les intérêts agricoles. Le Crédit agricole veut-il permettre aux coopératives agricoles de prendre le contrôle de ces sociétés qui n’intéressent plus guère le secteur capitalistique ?
Le Crédit Agricole met ses compétences et ses ressources au service de ses clients et soutient des projets dès lors qu’ils préservent l’avenir de l’agriculture et de l’agro-alimentaire. Nous sommes présents généralement dans toutes les transactions, fusions et acquisitions significatives et importantes pour le tissu économique de ce secteur et de nos régions. Nous pouvons apporter des fonds propres et accompagner les entreprises dans leur restructuration en étant des financiers du premier cercle aux côtés d’autres établissements bancaires ou de crédit. Nous pouvons également être une structure de conseil pour l’organisation de la mise en marché et aider les entreprises à s’attaquer à des marchés plus importants que ceux sur lesquels elles ont pour habitude d’évoluer.

Si Doux est à reprendre, le Crédit agricole pourrait être un acteur de l’opération ?
Doux est-il à reprendre ? Je ne veux pas évoquer un dossier en particulier. La philosophie de la banque est toutefois que nous sommes toujours prêts à aider les acteurs de la filière car avant eux, il y a toute la production agricole qui en dépend.