Amélioration des salaires, des conditions de travail et des perspectives professionnelles… Tels sont les points que la FGA-CFDT appelle à négocier pour tous les travailleurs de deuxième ligne, alors qu’un rapport sur le sujet doit être remis au ministère du Travail le 12 mars.
Plus de 2 millions de salariés agricoles et agroalimentaires mobilisés pendant la crise sanitaire sont des travailleurs essentiels ou « de deuxième ligne » et doivent à ce titre obtenir une « reconnaissance », a déclaré le secrétaire général du syndicat de salariés Fabien Guimbretière en conférence de presse le 8 mars. « On peut considérer que les 800 000 contrats saisonniers en agriculture, et qu’un million de travailleurs agricoles font partie des travailleurs ‘essentiels’. Dans l’agroalimentaire, ça tourne autour de 500 à 600 000, et si on rajoute tous les travailleurs de l’artisanat alimentaire on s’approcherait de 700 000 », a-t-il détaillé reconnaissant que le nombre exact est difficile à évaluer.
L’ensemble de ces salariés devrait être pris en considération par la mission sur la reconnaissance des travailleurs de deuxième ligne lancée le 30 octobre par la ministre du travail Elisabeth Borne, a indiqué M. Guimbretière. Une mission menée par l’économiste du travail Christine Erhel et la DRH de Réseau de transport d’électricité (RTE) Sophie Moreau-Follenfant, qui doit rendre ses conclusions le 12 mars.
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Trois axes de reconnaissance
Pour la FGA-CFDT, la reconnaissance doit passer par trois grands axes. Premier axe : des augmentations de salaires « pérennes ». « La juste reconnaissance de ces salariés ne passera pas par des primes. Elle peut passer en partie par des primes […] Mais la prime a valeur de récompense, pas de juste reconnaissance sur le long terme », a exposé le secrétaire général de la FGA-CFDT. Deuxième et troisième axes : l’amélioration des conditions de travail et la montée en compétences des salariés via « des accords de branche ». Si la production agricole s’est dotée d’une nouvelle convention collective nationale présentant quelques avancées, ce n’est pas forcément le cas ailleurs. « Dans l’agroalimentaire, rares sont les branches où il y a des accords de branches sur les conditions de travail : ce n’est absolument pas normal si l’on veut parler de juste reconnaissance », déplore M. Guimbretière.
Quant aux travailleurs mobilisés pendant la crise qui relèvent du secteur des services à l’agriculture (MSA, Groupama, chambres d’agriculture, centres de gestion, enseignement), ils ne seront a priori pas pris en compte dans le rapport Moreau-Follenfant. « Je tiens à dire que cela n’empêchera pas la FGA-CFDT de porter des revendications dans ces branches même si elles ne sont pas pointées dans la mission », a conclu Fabien Guimbretière