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Croissance à deux chiffres pour le biométhane en Europe

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La filière du biométhane, qui est le biogaz épuré de son CO2 et de ses éléments indésirables, a connu une croissance à deux chiffres ces deux dernières années dans huit pays européens, selon la mise à jour d’octobre de l’observatoire du think tank France Bio Méthane. Après la progression des pays les plus en avance dans le biométhane (Allemagne), les pays connaissant les plus fortes dynamiques sont la France, le Danemark, et surtout le Royaume-Uni.

La filière du biométhane « a connu deux années de croissance consécutives respectivement de 20 % en 2015 et 13 % en 2016 », selon l’observatoire du think tank France Bio Méthane qui a étudié huit pays européens. Ces pays sont la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Autriche, la Suède, les Pays-Bas, le Danemark et la Finlande. Au total, la filière a compté en 2016 « un peu plus de 480 unités de production de biométhane ».

En termes d’intrants, les cultures énergétiques, bien que proscrites dans certains pays, « restent le substrat le plus utilisé en nombre d’unités comme en volume de biogaz traité », note l’observatoire. La France recourt principalement aux déchets agricoles (effluents d’élevage, résidus d’industries agroalimentaires), l’Allemagne recourt quant à elle surtout aux cultures énergétiques comme le maïs ensilage.

Le Royaume-Uni affiche « une croissance impressionnante »

Les filières les plus anciennes semblent connaître un ralentissement depuis 2014, comme en Suède, en Autriche ou aux Pays-Bas. L’Allemagne quant à elle représente « de loin le premier marché de la filière en Europe avec plus de 200 unités en opération en 2016 ». Elle est en train de reconvertir à vive allure en biométhane des unités qui produisaient jusque-là simplement du biogaz. Les pays connaissant les plus fortes dynamiques sont le Danemark, la France et plus particulièrement le Royaume-Uni qui a triplé son nombre d’unités ces trois dernières années. Ce pays affiche « une croissance impressionnante » en dépassant en moins de six ans la Suède, pays historique de la filière, qui connaît, comme les Pays-Bas une stagnation. La France compte 25 usines de biométhane, effectif qui devrait être porté à 38 quand les projets actuels arriveront à leur terme, a précisé Cédric de Saint-Jouan, président de France Bio Méthane.

Les cultures énergétiques restent le substrat le plus utilisé en nombre d’unités comme en volume de biogaz traité

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Les différentes utilisations du biogaz

Le biométhane est une utilisation du biogaz, en progression, car elle répond à une volonté des pouvoirs publics de renforcer l’autonomie énergétique française et à un intérêt d’industriels comme Suez, Veolia ou encore Vol-V, d’y participer.

L’utilisation la plus classique qui s’est développée jusque-là en France est celle du biogaz à la ferme, pour produire de l’électricité via une turbine, notamment en cogénération.

Une autre utilisation du biogaz gagne à être développée, selon François-Xavier Dugripon, directeur de Valbio, concepteur et constructeur d’installations de petites unités de méthanisation : orienter les solutions de méthanisation vers d’autres revenus que ceux de l’énergie. Par exemple l’extraction des lipides et des protéines alimentaires du petit-lait d’une fromagerie, ou encore l’hygiénisation pour les lisiers à risque (canard).