Les exportations françaises de peaux brutes sont attendues en baisse de 5 % pour l’ensemble de l’année 2024, une « conséquence mécanique » de la décapitalisation et du recul des abattages de bovins, a estimé Christophe Dehard, président de l’Alliance France cuir (interprofession), lors d’une conférence de presse le 28 novembre. En raison d’une demande en berne, les abattoirs vendent les peaux « en moyenne 40 % moins cher qu’en 2018, malgré des charges qui, elles, ont augmenté », estime M. Dehard, cité dans le dossier économique 2024 de la filière. Récemment élu la tête de l’interprofession, il note que « le profil des animaux abattus a changé ». Le développement de la consommation de viande hachée pousse à abattre davantage de vaches laitières, dont les peaux « ne trouvent que très peu preneur en Europe ». Pour l’ensemble de la filière cuir (matières premières et produits finis), les exportations françaises se stabilisent en 2024 (+ 1 %, à 19,2 Md€), alors qu’elles avaient fortement augmenté après le Covid (+ 46 % entre 2019 et 2023). Quatrième exportateur mondial de produits en cuir, la France prévoit un excédent commercial de 5,5 Md€ dans ce secteur en 2024. Mais « 2025 s’annonce difficile », prévient Philippe Gilbert, d’Alliance France cuir, en raison de l’incertitude sur la demande chez les deux premiers débouchés français : la Chine et les États-Unis.
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