Abonné

Cyclair lance ses robots désherbeurs dans les grandes cultures

- - 4 min
Le robot autonome Cyclair est adapté aux grandes cultures. Crédits : © Cyclair

Le concepteur et fabricant de robots désherbeurs Cyclair, installé dans le Vienne, lance une présérie de machines autonomes dans les champs à partir du printemps 2024. Une étape rendue possible grâce à une levée de fonds de 2,1 millions d’euros.

Finalisée en décembre 2023, la première levée de fonds (seed) de la start-up Cyclair a permis de mobilier 2,1 millions d’euros en capital, auprès des coopératives Centre Ouest Céréales et Cérèsia, du réseau de business angels Badge, du Crédit Agricole Touraine Poitou et du fonds d’investissement de la Région Nouvelle-Aquitaine. 

Lire aussi : Vitirover produit ses robots de service à grande échelle

« Depuis le lancement de Cyclair en 2019, les 4 associés fondateurs ont investi 1 million d’euros, auquel s’ajoute 600 K€ de subventions et prêts, notamment de la Région Nouvelle-Aquitaine et de BPIfrance », explique Sébastien Gorry, PDG et cofondateur de Cyclair. La société qui est installée dans la Vienne, travaille en symbiose avec les agriculteurs de la région et fabrique ses engins sur son propre site à Pressac.

Lire aussi : Teknika met au point le pulvérisateur économe en produit

L’idée de Cyclair est venue d’une demande des agriculteurs en grandes cultures qui, amenés à réduire leur consommation de produits phytosanitaires, avaient peu d’alternatives à leur disposition. « Or les robots désherbeurs déjà existants sont plutôt développés et conçus pour s’adapter aux contraintes propres de la vigne ou du maraîchage », poursuit Sébastien Gorry. « Les grandes cultures sont très spécifiques car les rangs sont très différents, de même que la nature des terrains et leur configuration » selon lui. Il faut aussi prendre en compte la dimension économique en inventant une solution dont le coût à l’hectare soit le plus proche possible de celui des désherbants phytosanitaires.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

céréales
Suivi
Suivre
Business angels
Suivi
Suivre

Autonome dans les grandes cultures

Le robot Cyclair, qui a recours à une intelligence artificielle, a été conçu en prenant en compte ces différentes contraintes : par exemple, le robot est capable de tracer seul son chemin dans le champ sans que l’agriculteur ne soit obligé de déterminer son parcours à l’avance, il sait identifier les adventices par ses caméras, ses capteurs et ses radars et les éliminer immédiatement, et il peut évoluer sur des terrains moins faciles que les terrains plats adaptés au maraîchage. 

Lire aussi : Christophe Aubé (Robagri) : « Les robots extérieurs sont le relais de croissance de la robotique agricole »

Le robot a été pensé pour répondre aux différentes typologies d’exploitations : celles composées de parcelles groupées autour d’un bâtiment de ferme, pour lesquelles le robot électrique est adapté (il peut aller se recharger facilement au bâtiment), et celles composées de nombreuses petites parcelles, parfois discontinues, et pour lesquelles la propulsion thermique est bien adaptée. Les autonomies diffèrent aussi dans les deux cas : l’électrique a une capacité de 8 hectares, la version thermique de 40 hectares.

« A partir du printemps 2024, nous allons faire fonctionner nos 7 robots constituant notre première présérie, financée grâce à la levée de fonds. Entre avril et juin, ils désherberont à raison de 3 ou 4 passages dans chaque parcelle, ce qui nous permettra d’observer et d’adapter nos robots en vue d’un lancement commercial en 2025 », prévoit Sébastien Gorry. Ces robots de 3 mètres de large et pesant 2,2 tonnes évolueront dans les champs de tournesol et de maïs. En 2025, une version aboutie du robot devrait voir le jour, plus grand (d’une largeur de 6 mètres), capable de s’adapter à d’autres grandes cultures comme le colza ou la betterave, de traiter non seulement l’inter-rang mais aussi l’intra-rang et de travailler à la vitesse d’un hectare à l’heure.