La filière volailles fait ses comptes : la baisse de la consommation semble se stabiliser aux alentours de 20% à 35% selon les catégories de produits et selon les maillons de filière. C’est ce qui incite les entreprises à demander une série de mesures de compensation de la part des pouvoirs publics. Sans préciser ce dont il pourrait s’agir, le ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau a envisagé des mesures de solidarité.
Les industriels de la volaille ont demandé le 28 octobre au gouvernement l’adoption immédiate de mesures financières pour aider la filière victime d’une baisse d’environ 20% de ses ventes depuis le début de la crise de la grippe aviaire. Ils demandent notamment le financement du chômage partiel (envisagé notamment par des grands groupe comme Doux et Duc), du stockage des quantités invendues, celui du déstockage pour contribuer à l’aide alimentaire et des reports de taxes et de charges. Le ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau a affirmé que des mesures de «solidarité» seraient envisagées si la baisse des ventes de volailles, entraînée par une crainte des consommateurs sur une épizootie de grippe aviaire, devait être durable.
Une réunion de l’Observatoire des prix et de la consommation, qui s’est tenue le 2 novembre entre le ministère de l’Agriculture et la filière avicole, n’a pas permis de dégager d’accord sur le financement d’une vaste campagne de promotion de la consommation de volaille. Les représentants de la filière estiment qu’il incombe aux pouvoirs publics de contribuer pour l’essentiel du financement, car ils attribuent aux pouvoirs publics la responsabilité de la psychose du fait d’une mauvaise communication.
Consommation : la baisse plus tempérée
Pendant ce temps, les ventes de volailles dans la grande distribution ont baissé d’environ 20% en volume entre le 24 et le 29 octobre et samedi dernier par rapport à la période correspondante l’an dernier, soit un peu moins que la baisse de 25% enregistrée la semaine précédente, selon la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD).
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La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricole (FNSEA) estimait pour sa part cette baisse à 35% en quelques semaines, le 2 novembre. Plus des deux tiers des Français, 68% exactement, affirment ne pas être inquiets face à la grippe aviaire, selon un sondage IFOP pour l’hebdomadaire spécialisé LSA.
Fausses alertes
Les autorités sanitaires ont précisé par ailleurs que 11 étourneaux retrouvés morts à Mâcon le 25 octobre n’étaient pas porteurs de la grippe aviaire et que 3 Français de l’île de La Réunion, qui présentaient des symptômes pouvant laisser suspecter une contamination par le virus H5N1 après un voyage en Thaïlande, avaient été testés négatifs à la maladie. Enfin, une exploitation de volailles du centre du Finistère devait accueillir les 4 et 5 novembre un exercice grandeur nature simulant un cas de grippe aviaire afin de tester les procédures qui seraient mises en place si l’épizootie arrivait en France. Située à Kergloff, près de Carhaix, la ferme devait être isolée par deux périmètres de sécurité dressés par les gendarmes et ses 60 000 poulets de chair retirés pour être conduits à l’abattoir.