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Œufs biologiques Dans le Gers, VG lance un poulailler d’une capacité de 3,75 millions d’œufs par an

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Début novembre, la famille Villeneuve dans le Gers et le grossiste Relais Vert dans le Vaucluse commenceront la production de 3,75 millions d’œufs bio avec la création d’un poulailler de 12 000 poules, et créent la société Villeneuve et Ginart (VG). Le grossiste sécurise ainsi ses approvisionnements et le producteur réussit sa reconversion dans un contexte marqué par l’épizootie d’influenza aviaire et la chute des ventes des œufs pondus en batterie.

Relais Vert, entreprise familiale indépendante installée depuis 1986 à Carpentras (Vaucluse) qui connaît une croissance de 25 % par an dans le commerce bio auprès de 1 000 clients avec 7 000 références, fait face à une pénurie d’œufs depuis début 2016. « Nous commercialisons 5 millions d’œufs par an et devions faire face à une baisse de nos approvisionnements annuels de 20 % à 30 % selon les périodes, assure Jérémie Ginart, 31 ans, président de Relais Vert. La cause : les décisions des services vétérinaires de fermetures ou suspensions temporaires d’exploitation et la faible rentabilité du secteur. D’où notre idée d’investir dans la production de cette référence qui arrive en tête de nos ventes. Avec les produits laitiers et les fruits et légumes, les œufs assurent 70 % de notre chiffre d’affaires."

Sortir de la filière palmipèdes

Jérémie Ginart, qui dirige l’entreprise avec son frère Frédéric, 38 ans, rencontre la famille Villeneuve dans le Gers, en pleine restructuration. Depuis dix ans, cette autre entreprise familiale exploite 300 ha de céréales, exploite une casserie d’œufs conventionnels et de conditionnement des blancs et des jaunes en Tétra pack et BIB, produit des canards pour le gavage, gave ses propres canards, et enfin élève depuis vingt ans 80 000 poules en cage et, plus récemment, 6 000 poules bio. La baisse annoncée de la demande en œufs en batterie a incité Claude et Jean-Marc Villeneuve à cesser cette activité d’ici quatre ans. Par ailleurs, les épisodes d’épizootie et les actions contre le gavage avaient décidé l’entreprise basée à Saint-Arroman d’arrêter la production de canards pour la remplacer par l’élevage de poulettes bio.

S’approvisionner en œufs bio

Trouvant un intérêt commun, le grossiste et l’éleveur partent sur la création d’un élevage de 12 000 poules pondeuses en bio capables de produire 3 millions d’œufs pour la vente au détail et 750 000 unités destinées à la casserie. Les familles Villeneuve et Ginart s’associent à 50/50 dans une société qu’ils baptisent de leurs initiales VG. Le grossiste investit 650 000 € pour réaliser quatre bâtiments sur 2 400 m2 couverts avec le double en espace de plein air chacun, distribution de nourriture et récupération des œufs automatisée. L’entreprise gersoise apporte son savoir-faire et ses installations, notamment la casserie qui réalise 5 M€ de chiffre d’affaires auprès d’artisans et d’industriels avec ses PAI.

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Réussir sa reconversion

« L’alimentation des poules sera assurée par les céréaliers installés dans le Gers et les départements limitrophes, assure Claude Villeneuve. Avec Relais vert, nous sortons de la relation client-fournisseur pour un partenariat durable avec une meilleure valeur ajoutée. Les œufs et PAI produits de poules bio se vendent le double des produits issus des poules en cages. Nous avons, avec VG, opté pour une solution durable afin d’assurer notre reconversion et quitter la filière palmipède et poules en cages ».

La filière des palmipèdes toujours en danger

« Les IAA ont pu faire face à une baisse de 15 % de la production agricole en vidant leurs stocks en 2016, mais ne pourront faire de même pour la deuxième épizootie de 2017, au cours duquel le nombre de canards a chuté entre 20 et 30 % par rapport à une année normale, souligne Marc Chazaux, directeur général du technopôle AgroLandes. Depuis le début de l’année, beaucoup d’ateliers sont à l’arrêt. Les producteurs peinent à trouver des cannetons. Les nouvelles dispositions qui imposent un élevage par bande unique (une seule génération d’animaux par élevage) rigidifient un peu plus le métier de producteur.

Les deux crises successives auront coûté près de 600 M€, pour les filières palmipède et volaille maigre alors que le chiffre d’affaires de la filière palmipède à foie gras est de 2 milliards d’euros de moyenne annuelle. Si les éleveurs ont été à peu près bien indemnisés, il n’en est pas de même pour les industries de l’aval de la filière, leurs clients et fournisseurs. L’Europe vient tout juste de valider le principe que ces entreprises pouvaient être aidées financièrement ».