L’insécurité alimentaire ne devrait pas être utilisée pour justifier une réduction des efforts environnementaux alors qu’il s’agit en réalité d’un argument visant à étendre la part de marché mondiale de l’agriculture européenne, estime le think tank Europe Jacques Delors dans un récent papier d’analyse, consacré aux attaques contre la stratégie De la ferme à la table. La tendance à promouvoir la productivité plutôt que la durabilité au nom de la sécurité alimentaire s’est peu à peu propagée dans le débat public. Pourtant, comme cela a été à de nombreuses reprises démontré, la disponibilité alimentaire dans l’UE n’a pas été menacée par les récentes crises, notamment la guerre en Ukraine, estiment les auteurs de ce travail coordonné par Geneviève Pons directrice générale du think tank. Mais, soulignent-ils, ces crises ont mis en lumière certaines faiblesses du système agroalimentaire européen : sa dépendance vis-à-vis des importations de certains intrants clés notamment les engrais minéraux, et la vulnérabilité qui en résulte pour faire face aux ruptures d’approvisionnement et aux chocs de prix. Et de souligner : l’augmentation des prix des intrants place les agriculteurs dans des conditions de production plus difficiles, se détourner des objectifs environnementaux n’est donc pas la bonne voie d’autant que les objectifs de réduction des pesticides ne seront pas mis en œuvre immédiatement, mais suivront un cours progressif jusqu’en 2030.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Europe Jacques Delors ajoute que si l’UE veut véritablement renforcer la sécurité alimentaire mondiale, elle devrait soutenir les marchés et les chaînes alimentaires dans les pays souffrant d’insécurité alimentaire afin de promouvoir une capacité de production durable et la résilience des agriculteurs de subsistance. Selon le think tank, l’UE pour rendre son agriculture plus durable doit surtout fournir une définition complète des systèmes alimentaires durables (une proposition législative en la matière est attendue cet automne), introduire la circularité comme principe directeur général et veiller à ce que les solutions durables deviennent les plus rentables et abordables.