Le gouvernement a défini les mois de septembre et janvier comme « périodes de dégagement » du marché de la viande de porc fraîche. En dehors de ces périodes, il est désormais interdit de pratiquer des prix inférieurs à 50% du prix du mois précédent.
Lors de l'assemblée générale de la Fédération nationale porcine (FNP), le 12 juin à Ploermel (Morbihan), le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a annoncé, comme prévu, l'encadrement des promotions de viande de porc fraîche par un arrêté paru le jour même. La répétition d'opérations de promotion « finit par faire perdre au consommateur le référentiel prix », a lancé le ministre. L'arrêté définit les mois de janvier et septembre comme « périodes de dégagement » du marché du porc. Désormais, en dehors des mois de janvier et de septembre, les opérations promotionnelles ne pourront plus mettre en avant des prix inférieurs à 50 % du prix moyen hors promotion du mois précédent. Le ministère intervient, car l'interprofession n'a-vait pas pu trouver d'accord sur ce point. « Nous avons consulté la DGCCRF pour savoir si nous pouvions inclure des éléments de prix dans un accord, et nous n'avons pas le droit en tant qu'interprofession, a expliqué Guillaume Roué, président d'Ina-porc. Nous n'avons pas les armes, nous ne pouvons qu'appeler à la discipline col-lective ». Durant les mois de janvier et septembre, les prix promotionnels restent libres dans la mesure où ils ne sont pas les instruments de ventes à perte.
CONTRÔLES DES FACTURES
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Sur ce point, le ministre a annoncé que des contrôles de facturation seraient lancés pour vérifier que certains opérateurs de la distribution ne pratiquent pas de « ventes à perte », au travers de ce qu'il appelle la pratique – interdite – de « facturation glo-balisée » des différents morceaux d'une carcasse. Il a par ailleurs demandé qu'un système de cotation des pièces de découpe de porc soit mis en place. En l'absence d'accord interprofessionnel sur le sujet, un dispositif réglementaire pourrait, à nouveau, voir le jour par arrêté. La FNP a salué ce dispositif, mais pousse encore plus loin ses revendications en matière de prix : « Nous souhaitons que l'on ne descende pas en dessous de 3 euros le kilo », a lancé le président de la FNP Paul Auffray, dans son discours de clôture. Et il a recommandé aux distributeurs de ne pas « jouer au chat et à la souris », à la rentrée. « Nous ne voulons pas des prix garantis, a-t-il précisé, mais une forme de régulation », qui est un « outil nécessaire pour la survie de nos territoires ».