L’atelier 11, consacré à la transition écologique de l’agriculture visant à promouvoir une alimentation durable, veut mettre en avant la certification HVE. Mais comment la valoriser au niveau économique, se demandent certains représentants du monde agricole ?
« Cet atelier devait être explosif, mais finalement, cela a été une réussite », a commenté Dominique Potier, député et président de l’atelier 11, qui porte sur la transition écologique et solidaire de l’agriculture, le 6 décembre lors de l’assemblée générale de l’Association nationale pomme-poire (ANPP).
Un document « livrable » recense 12 axes de travail pour « transformer en profondeur » l’agriculture française et pour que la France devienne « le leader européen de l’agroécologie ». « Il faut agir à tous les niveaux de façon coordonnée, cohérente, en complémentarité », explique le document qu’Agra s’est procuré, « le verrouillage étant systémique, le déverrouillage doit l’être aussi ». Dans le document de synthèse, l’atelier fixe une trajectoire, considérant qu’il faut un contrat de long terme, passant par un double calendrier : l’horizon est fixé à 2030, avec des jalons, notamment en 2022 (année à la fois de la fin du quinquennat et du déploiement de la nouvelle Pac). L’objectif de 2030 qui est affiché est : un tiers de produits alimentaires bio en restauration collective, un tiers de produits équivalents à la HVE et un tiers de produits équivalents à la certification environnementale de niveau 2. Selon Dominique Potier, tout le monde doit produire des produits certifiés de niveau 2 et « le HVE3, qui pourrait être revu, doit devenir un véritable moteur de l’agriculture ». Il précise : « À mon avis, dans les faits, 20 % de la production française répondent déjà aux normes HVE. »
Une vraie difficulté de valorisation
Cet objectif a fait débat dans le groupe. « Dominique Potier et les ONG poussent la HVE, mais aujourd’hui, si sur les 800 exploitations certifiées HVE, plus de 600 sont des exploitations viticoles, c’est parce qu’elles sont les seules à pouvoir valoriser cette certification. Il y a une vraie difficulté de valorisation », a commenté Didier Marteau, en charge de l’environnement à l’APCA. À l’ANPP, lorsque Dominique Potier a été interrogé sur la possibilité pour les producteurs de valoriser économiquement le label HVE, il a répondu que la valorisation économique n’était pas le sujet de l’atelier.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Objectif 30 000 fermes agroécologiques
Didier Marteau reconnaît que les débats au sein de l’atelier 11 ont été constructifs, notamment sur l’encouragement à la production de protéines végétales 100 % origine France, ou encore sur Ecophyto 2. Le document prévoit en effet d’accélérer la mise en place des certificats d’économie en produits phytosanitaires (CEPP) et la mise en place d’un dispositif de 30 000 fermes agroécologiques. « Nous sommes aujourd’hui à 3 000 fermes Dephy, c’est trop faible et il faut monter rapidement à 5 000 », reconnaît Didier Marteau. « Les actions visant à promouvoir les leviers agroécologiques doivent être articulées avec un plan de recherche et de diffusion des innovations à fort contenu technologique permettant de réduire les intrants, les risques et les impacts : biocontrôle, sélection végétale, OAD, robotique, numérique, agriculture de précision… », souligne le document. La synthèse prône aussi « la séparation de la vente et du conseil » pour « lever tout risque de conflit d’intérêts ».
Un agenda des solutions est prévu pour le 1er trimestre 2018, avec « des propositions législatives, réglementaires et financières » pour « un accès à l’investissement ; l’éligibilité au crédit d’impôt recherche pour le biocontrôle ; l’adaptation de la certification HVE à son nouveau défi ; la possibilité de qualifier et valoriser la performance écologique d’agroéquipements et la modification de certaines règles (affectation de subventions aux Cuma…) ».
Un agenda des solutions pour le 1er trimestre 2018, avec des propositions législatives, réglementaires et financières