La fédération de l’abattage-découpe a mis en avant la contractualisation comme moyen de sécuriser son approvisionnement en viande bovine, lors de son premier congrès depuis la fusion avec la Fedev, le 21 septembre à Paris.
Alors que la décapitalisation du cheptel bovin s’accentue, « toutes les entreprises des viandes doivent s’engager pleinement et au plus vite dans les démarches contractuelles les plus adaptées à leurs besoins », a martelé Gilles Gauthier, président de Culture Viande, lors du congrès de l’organisation le 21 septembre. Et de glisser : « Si le plus adapté est l’intégration, alors ce sera de l’intégration… » Un message appuyé par le ministre de l’Agriculture : Marc Fesneau a « invité » les professionnels à « s’engager dans la voie de la contractualisation », qui constitue selon lui « un élément de stabilisation et de construction de la filière ». « Les contrats devront aussi avoir vocation à mieux orienter la production vers la demande de nos marchés », souligne encore Gilles Gauthier. La loi Egalim 2 a instauré la contractualisation obligatoire en bovins viande depuis début 2022 (un an avant les autres productions). Les éleveurs doivent avoir passé un contrat avec leur premier acheteur – un négociant dans la grande majorité des cas, bien qu’il existe des contrats entre éleveurs et abattoirs.
D’après les chiffres de l’Idele, le cheptel français a reculé de 730 000 têtes entre août 2016 et août 2022 (300 000 vaches laitières et 430 000 vaches allaitantes). Une baisse « supérieure à 10 % de notre offre nationale, en dépit de la revalorisation très sensible des prix, jusqu’à +40 % pour certaines familles », note M. Gauthier.
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Risques de pénurie « dans les prochains mois »
Le président de Culture Viande pointe des « conséquences sévères » pour le secteur de l’abattage-découpe, avec une baisse d’activité de 6 à 8 %. « L’approvisionnement en viande de nos clients risque de ne plus être assuré dans les prochains mois », a-t-il prévenu. Pour éviter les pénuries, Jean-Paul Bigard, président de la commission bovine de Culture Viande (et ancien président du syndicat), a notamment suggéré de « dévier les circuits qui existent » vers l’Italie et l’Espagne (exportation de broutards).
La sécheresse et les canicules de cet été ont accéléré la décapitalisation, selon l’Idele. Mais le mouvement, qui a commencé en 2016, prend ses racines dans la démographie des éleveurs et dans le manque de rémunération récurrent des éleveurs bovins. Ceux-ci sont « en queue de peloton » des filières agricoles, résume Christiane Lambert. La veille, lors des Assises de la Fict (charcutiers industriels), la présidente de la FNSEA soulignait que, vu la charge de travail en élevage, « les jeunes qui s’installent aujourd’hui ne se contenteront pas d’un Smic. »