Les promoteurs du projet de recherche communautaire « Fusions », travaillant en étroite coopération avec toutes les parties prenantes de la chaîne d'approvisionnement alimentaire et les États membres, vont développer d'ici 2016 des outils pour appuyer la collecte cohérente, la quantification, l'analyse et le reporting des niveaux de déchets alimentaires dans les États membres de l'UE. C'est la réponse apportée par le commissaire européen, Vytenis Andriukaitis, à un eurodéputé qui lui a demandé si la Commission envisageait d'harmoniser les méthodes de collecte de données sur les différentes étapes de la chaîne d'approvisionnement alimentaire et celle du calcul du taux des déperditions.
Selon Miguel Viegas (Gauche unitaire européenne, Portugal), plusieurs études nationales sur les déchets alimentaires ont été menées dans les différents États membres de l'UE, sans que, jusqu'à présent, il y ait eu des améliorations dans les méthodes et la qualité des données recueillies. Dans ce contexte, il a demandé à la Commission européenne de lui indiquer ce qui est fait à propos de cette problématique au niveau d'Eurostat, l'organisme statistique de l'UE et en particulier, le fait de savoir si les États membres produisent des données sur les déchets alimentaires de meilleure qualité. Plus précisément, il a voulu savoir si la Commission prévoit une définition harmonisée des déchets alimentaires qui distingue le gaspillage évitable et le gaspillage inévitable. En guise de réponse, le commissaire européen à la santé et à la sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis, lui a indiqué que l'Union européenne a lancé un vaste projet de recherche qui s'attache à résoudre le problème environnemental du gaspillage alimentaire par le biais de définitions concertées, de stratégies communes et de l'innovation sociale. Le projet européen « Fusion » (Food Use for Social Innovation by Optimising Waste Prevention Strategies/L'alimentation au service de l'innovation sociale via l'optimisation des stratégies de prévention du gaspillage) est soutenu par le principal instrument de l'UE en faveur de la recherche, le septième programme-cadre (1). Son objectif est de lutter contre le manque d'efficacité dans la production, la distribution et la consommation des produits alimentaires qui, d'après les estimations, se traduit en Europe par la perte de 76 kilogrammes de denrées par personne et par an. Le commissaire lituanien a précisé à l'eurodéputé que les promoteurs du projet « Fusion » vont développer d'ici fin 2016 des outils pour appuyer la collecte cohérente, la quantification, l'analyse et le reporting des niveaux de déchets alimentaires dans les États membres de l'UE. Ils testent actuellement un manuel qui aidera les États membres à appliquer un cadre méthodologique commun pour acquérir des données nationales sur les déchets des aliments qui couvrent tous les secteurs de la chaîne d'approvisionnement alimentaire.
OBJECTIFS DU PROJET « FUSION »
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Les promoteurs du projet de recherche « Fusion » travaillent depuis 2012 sur la politique des déchets alimentaires dans l'UE. Ils passent en revue toute la législation et les politiques de l'UE ayant des implications sur le gaspillage alimentaire (revue de la littérature, consultation d'experts, inventaire des politiques, enquêtes, etc.). Ils passent également en revue les initiatives passées de lutte contre le gaspillage alimentaire et s'efforcent de convenir de définitions et d'un cadre commun pour mieux cerner le problème, un tel cadre faisant actuellement défaut. Selon les promoteurs du projet de recherche, il est très difficile de quantifier le gaspillage alimentaire, notamment parce que les pays et les différentes parties prenantes utilisent toutes sortes de méthodes sans aucune harmonisation. Une fois cette approche commune mise en place, le projet européen « Fusions » testera sur le terrain plusieurs innovations sociales qui pourraient réduire le gaspillage alimentaire. Ainsi, selon les chercheurs, l'organisation de systèmes de redistribution des produits alimentaires et de programmes de formation pour expliquer à la population comment utiliser des aliments aujourd'hui oubliés ou réduire les déchets lors de la préparation des denrées. Plus généralement, ces systèmes pourraient prévoir « un étiquetage uniforme pour la date de péremption afin d'améliorer la durée de conservation des produits alimentaires, ou des solutions créatives visant à modifier les comportements ». La Commission européenne estime que la production et la consommation alimentaires au sein de l'UE, qui génèrent chaque année le gaspillage de 90 millions de tonnes de denrées, sont à la source de 30 % des impacts environnementaux en Europe.
(1) Bénéficiant d'un budget de plus de 5 millions d'euros pour la période août 2012 ) juillet 2016, le projet « Fusion » est chapeauté par l'Université néerlandaise de Wageningen et regroupe 21 partenaires issus de 13 pays. L'INRA fait partie des partenaires et l'ANIA de celle des membres.