Afin de lutter contre la déforestation importée, le leader français de la volaille demande plus de traçabilité aux importateurs de soja. Une demande que LDC pousse aussi au niveau politique.
Le leader français de la volaille LDC a annoncé, dans un communiqué du 22 février, avoir demandé aux importateurs de soja « d’apporter les éléments détaillés de traçabilité du soja importé et d’exclure le soja qui proviendrait de parcelles nouvellement déforestées ou converties après le 1er janvier 2020, en particulier dans le Cerrado au Brésil ». Le groupe demande « à l’ensemble des partenaires de sa chaîne d’approvisionnement de poursuivre les efforts » de lutte contre la déforestation importée (substitution ou relocalisation des protéines, réduction du soja d’importation). Ils sont invités à « transmettre au groupe LDC les informations de traçabilité », qui feront l’objet d’un « reporting public annuel ». Le volailler (marques Le Gaulois, Loué, Marie et Maître Coq) porte aussi sa demande sur le plan politique, en réclamant « la mise en place d’une législation à l’échelle européenne pour que le soja responsable devienne la norme et que soit appliqué le principe du pollueur-payeur pour le soja issu de la déforestation ». LDC indique aussi soutenir la stratégie gouvernementale contre la déforestation importée (SNDI), ainsi que le manifeste sur « la déforestation importée liée au soja » conclu entre distributeurs, pouvoirs publics et ONG en novembre 2020.
Substitution du soja
Membre de la plateforme Duralim, LDC s’est déjà engagé à ce que l’alimentation de ses volailles provienne à 100 % de « protéines végétales responsables, au plus tard en 2025 ». Et de rappeler ses actions déjà en cours pour réduire la part de soja dans l’alimentation des animaux (-25 % en dix ans grâce à des substitutions par des pois, féveroles, colza ou tournesol), ou pour diminuer la part de soja importé. « Près de 12 % du soja produit en France est utilisé par les filières du groupe LDC », affirme le volailler sarthois.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
« C’est un acteur majeur de la filière agroalimentaire qui s’engage et demande au gouvernement d’accélérer la mise en œuvre d’un mécanisme de gestion des risques liés au soja », se félicite l’ONG Canopée dans un communiqué le 23 février. Toutefois, pour l’association, cette annonce – qui intervient « suite à notre campagne d’interpellation et à plusieurs échanges » – constitue « une bonne première étape mais non suffisante ». « L’engagement du groupe LDC est un signal très clair envoyé aux négociants de soja, mais celui-ci doit être suivi d’actions, précise Klervi le Guenic, chargée de campagne de l’ONG Canopée, citée dans le communiqué. Le groupe LDC doit rompre ses relations commerciales avec les négociants s’ils continuent à être complices de déforestation. »