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Déforestation: un classement des traders de soja vertueux

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Le WWF et l’association Global Canopy ont publié le 19 mai un classement des traders de soja en fonction de leur engagement contre la déforestation au Brésil, d’après une étude menée auprès de neuf entreprises volontaires. Aucune d’entre elles n’a pour l’heure fixé d’objectifs sur des écosystèmes autres que l’Amazonie.

« Nous avons ciblé les traders pour la simple raison qu’ils représentent le nœud du problème », résume Arnaud Gauffier, directeur de la conservation au WWF. Dans ce nouveau rapport publié le 19 mai par l’antenne mondiale du WWF, neuf des plus grands traders, représentant près de 50 % du marché du soja, sont passés à la loupe. « Même l’entreprise qui a reçu la meilleure note a encore beaucoup de travail pour adopter les meilleures pratiques », souligne le rapport.

Objectifs de lutte contre la déforestation, conditions imposées aux fournisseurs, transparence des progrès et des contrôles : aucun trader ne dépasse franchement la moyenne de cinquante points sur cent. « Les cinq premiers ont à peu près les mêmes résultats. Le soja est un marché très compétitif, et les acteurs se tiennent entre eux », rappelle Arnaud Gauffier.

Avec 52 points, le brésilien Amaggi figure en haut du classement des entreprises les plus engagées, talonné par Cargill et Bunge. Si Cofco et ADM demeurent quelques points sous la moyenne, les engagements de Louis Dreyfus sont jugés « pauvres », avec une note de 34,5. Une note demeurant supérieure aux 4 points reçus par le coréen CJ.

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Pas de segmentation

« Ce que nous demandons, c’est une politique de déforestation qui s’applique à l’ensemble des volumes, et pas seulement à un segment premium », défend Arnaud Gauffier. Car si la plupart des traders proposent désormais à leurs clients du soja garanti zéro déforestation, souligne-t-il, les tarifs peuvent être jusqu’à 150 € plus élevés par rapport à une tonne de soja à 300 €. Des surcoûts qui limitent encore la demande côté distributeurs et industriels, bien que « des discussions soient en cours » entre les traders et leurs acheteurs avec le soutien du WWF, confie Arnaud Gauffier.

Les répondants ont publié uniquement des objectifs chiffrés sur l’Amazonie, sans définir par exemple d’ambition précise sur le Cerrado. Pour étendre la zone concernée, WWF pousse une évolution de la réglementation européenne. « Nous avons bon espoir que le texte sur la déforestation importée qui sortira de la Commission en juillet prenne en compte tous les écosystèmes, et exige de réels gages de la part des entreprises », prévoit Arnaud Gauffier. Comme suggéré par son association, ces gages pourraient consister dans des contrôles trimestriels, ou des audits de l’atteinte des objectifs par des acteurs indépendants.

« Les cinq premiers ont à peu près les mêmes résultats »