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Foie gras/Stratégie Delpeyrat plus Sud-Ouest que l’IGP

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En investissant dans une ferme de reproduction et un couvoir dans le Sud-Ouest, Delpeyrat s’offre le luxe d’afficher des produits « filière 100 % Sud-Ouest » pour l’ensemble de ses produits IGP dès l’an prochain. Cette exigence, qui va plus loin que le cahier des charges de l’IGP, fera-t-elle bouger les lignes ?

Si 30 % des canards gras naissent dans le Sud-Ouest, 60 % de la production nationale de foie gras est labellisée IGP Sud-Ouest (source : Cifog). En effet, le cahier des charges de l’IGP n’impose pas d’exigence sur le lieu de naissance des canetons, du moment qu’ils soient élevés dans le Sud-Ouest dès leur deuxième jour de vie. Bon nombre d’accouveurs étant situés dans les Pays de la Loire ou en Bretagne sud, où sont implantés les généticiens et sélectionneurs, une part non négligeable des foies gras labellisés IGP Sud-Ouest est issue de canards qui ne sont pas nés dans le Sud-Ouest.
Trois grands acteurs se partagent plus de 60 % du marché du foie gras produit en France : Euralis, Labeyrie et Maïsadour. Ce dernier a décidé d’aller plus loin que l’IGP et de garantir une naissance dans le Sud-Ouest pour les foies gras IGP Sud-Ouest (soit 60 % des ventes de foie gras de Delpeyrat). « Avec cette démarche, nous devançons la réglementation européenne qui imposera d’indiquer l’origine des matières premières, explique Thierry Blandinières. Le foie gras est un produit controversé, il s’agit d’être irréprochable sur sa production. » Dès la saison festive, on verra apparaître le logo « filière 100 % Sud-Ouest » sur les packagings de foie gras IGP Delpeyrat. En 2012, l’ensemble de la gamme sera labellisée, grâce aux investissements réalisés (10 M EUR) pour convertir un abattoir de Canards du Midi (repris en 2006) en accouvoir. Autre avantage, l’accouvage dans le Sud-Ouest devrait pâtir de moins de restrictions sanitaires que celui des Pays de la Loire, exposé à de beaucoup plus fortes concentrations de volailles.

Une volonté de revoir le cahier des charges de l’IGP
Le consommateur saisira-t-il la nuance ? C’est prendre le risque de le mettre en face d’un élevage industriel, mais c’est aussi, pour Delpeyrat, une façon de plaider pour une réforme du cahier des charges de l’IGP, de façon à relocaliser l’ensemble de la filière dans le Sud-Ouest. Et un avantage concurrentiel pour séduire la GMS pour ses gammes MDD si la mayonnaise prend.
Du côté de la concurrence, on ne déborde pas d’enthousiasme pour commenter la démarche. Tant Euralis que Labeyrie rappellent leur attachement à l’IGP Sud-Ouest ainsi qu’au travail avec les éleveurs et la parfaite traçabilité de leurs produits. Yves Le Borgne, directeur de la communication d’Euralis, précise que 100 % des canetons élevés par le groupe naissent en France et que 30 % du foie gras IGP Sud-Ouest est issu de canetons nés dans le Sud-Ouest.
Même réaction chez Labeyrie, qui tient à rappeler qu’elle est « la seule marque nationale à produire 100% de ses canards gras vifs sous le cahier des charges IGP Sud Ouest » et que tous ses canetons naissent en France.

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