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Congrès du maïs à Lyon Demain, des couches culottes en amidon de maïs

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Le développement du marché des bioplastiques a enthousiasmé les congressistes présents au congrès du maïs de Lyon. S’il reste encore beaucoup de travail de recherche et de mise au point, la filière maïs verrait d’un bon œil toute mesure qui favoriserait ce type de produit. Les bioplastiques, qui pourraient constituer demain l’enveloppe des couches culottes 100 % biodégradables, pourraient aussi être une opportunité pour redorer l’image du maïs, qui en a bien besoin.

Le congrès du maïs de Lyon s’est voulu résolument optimiste. Il y a été question du « futur qui fait rêver » grâce au développement à venir des bioplastiques issus de l’amidon de maïs. Une étude de la Commission européenne montre que ce marché européen représente un potentiel de 500 000 tonnes de bioplastique, voire d’un million de tonnes si les pouvoirs publics mettent en place une réglementation qui inciterait les industries à utiliser ce type de produit. « Nous sommes capables de produire des sacs poubelles totalement compostables, mais aussi de la vaisselle jetable, des os pour chien et aussi des couches culottes biodégradables », explique Christophe Douki de la Boisserie, directeur marketing de Novamont, société leader sur ce marché. Selon lui, l’amidon de maïs est l’amidon le plus raffiné et le plus facile à travailler au niveau de la polymérisation. Mais les PMI-PME sont méfiantes quant à l’utilisation de ces produits plutôt que du polypropylène ou le polyéthylène car elles ont peur de déteriorer les machines. « C’est pourquoi nous allons tester différents procédés d’extrusion et d’injection afin de contribuer au développement des bioplastiques», souligne Carlos Vaca-Garcia, chercheur à l’Ensiacet de Toulouse.

Coup de pub pour les sociétés utilisatrices et pour le maïs

Mais qu’est ce qui peut pousser un industriel à acheter ces bioproduits plutôt que le plastique, quatre fois moins cher ? « On peut utiliser notre bioplastique sans changer de process industriel », souligne le responsable de Novamont. « Par ailleurs, le polypropylène n’a pas bonne presse. Si une société intègre la publicité sur le thème environnemental, le différentiel de coût est moindre », ajoute-t-il. Les produits biodégradables issus de l’amidon de maïs seraient aussi un bon moyen pour améliorer l’image du maïs, qui n’est pas au mieux de sa forme, et lui donner une nouvelle légitimité. Il en a été beaucoup question pendant ce congrès.

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Bioéthanol : grands espoir dans l’usine du Sud-Ouest

Le bioéthanol produit à partir du maïs est aussi un grand espoir de la filière. «L’éthanol, c’est une chance pour l’agriculture, un des seuls messages d’espoir que nous avons à proposer à nos collègues agriculteurs», déclare Christophe Terrain, président de l’AGPM. Les maïsiculteurs travaillent beaucoup à la création d’une unité de production d’éthanol à base de maïs dans le Sud-Ouest, sur le bassin de Lacq. Ils espèrent que ce projet fait partie des quatre que doit annoncer Jean-Pierre Raffarin prochainement. Cette usine aurait une capacité de production 1,25 million d’hectolitres et demanderait un investissement de 90 millions d’euros. « Cinq organismes stockeurs sont prêts à investir, aux côtés d’un industriel américain, AbenGoa, qui serait majoritaire», précise Christophe Terrain. Mais il faut faire vite, parce qu’aux Etats-Unis, le bioéthanol avance à marche forcée. Dee Vaughan, président du puissant NCGA américain (National Corn Growers Association) est venu en personne expliquer l’enjeu du bioéthanol pour sa filière. Il utilise déjà 25 millions de tonnes de maïs par an et les potentiels sont considérables.