Pour Martin Bortzmeyer, chef du bureau Agriculture au commissariat général au développement durable du ministère de l’Ecologie, le développement de l’agriculture durable souffre avant tout d’un blocage politique européen. « Il y avait un accord des Etats membres pour renforcer la politique de développement rural, estime-t-il. Mais le passage au découplage a remis en cause le développement du second pilier ». Avec un budget réduit de 15 % par rapport à la période précédente, celui-ci fait désormais l’objet d’un cofinancement national, plus difficile à mettre en œuvre dans un contexte de tension budgétaire. Dans cette logique, les Vingt-sept refusent de voir basculer une partie du premier pilier vers le second, comme le propose la Commission. « Les soutiens du premier pilier sont tels qu’ils décrédibilisent ceux du second », juge le spécialiste. De fait, les MAE (mesures agri-environnementales) sont trop complexes pour motiver les agriculteurs compte tenu de la rémunération qu’elles fournissent. « Un céréalier ne s’intéressera pas à ces mesures,explique Martin Bortzmeyer. L’éleveur ira, mais pour préserver son revenu et parce que ses pratiques seront confortées. Finalement, les MAE n’induisent pas de changement de pratiques » … Et n’atteignent donc pas leur but.
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