La mobilisation des professionnels et des pouvoirs publics contre le dépérissement de la vigne est en marche, mais il faudrait que tous les professionnels y participent. Jérôme Despey, président du conseil spécialisé viticole de FranceAgriMer, a souhaité, lors de son point d’actualité, le 25 novembre au Sitevi de Montpellier, que les « passagers clandestins », qui bénéficient des recherches sans y contribuer, s'impliquent.
e fléau du dépérissement de la vigne, ce syndrome encore mystérieux qui atteint les vignobles, mérite que la collectivité toute entière se mobilise pour « passer à la vitesse supérieure », la recherche n’aboutissant pas, a déclaré Jérôme Despey. La lutte contre cette maladie nécessitera non seulement « des millions d’euros » en recherche, mais l’organisation de mesures d’appui technique des vignerons pour « apprendre à vivre avec », en attendant des solutions pérennes. Le président du conseil spécialisé de FranceAgriMer estime que l’enjeu mérite que la profession viticole fasse de cette cause un sujet de mobilisation professionnelle.
Avant de mobiliser les fonds, par exemple Casdar (fonds du développement agricole) ou des fonds communautaires, etc., il importe de définir un programme de travail, hiérarchisé, avec des priorités d’action. Les professionnels, à travers leurs interprofessions régionales et leurs ODG (organismes de défense et de gestion des indications géographiques) pour l’appui technique sont appelés à se mobiliser. « La contribution des professionnels sera nécessaire », a avancé Jérôme Despey . Le ministre de l’Agriculture, qui s’est rendu le 24 novembre à l’ouverture du Sitevi, a indiqué qu’il a nommé deux inspecteurs généraux pour travailler à cette coordination
La lente appropriation du nouveau régime de plantations
Autre dossier en souffrance, le nouveau régime de plantations de vignes. De combien seront les contingents de surfaces demandés par les conseils de bassins régionaux ? « Nous ne le saurons qu’à la mi-décembre », a indiqué Jérôme Despey. D’ici là, les discussions entre les ODG (organismes de défense et de gestion, qui sont les syndicats de producteurs), les délégations régionales de l’INAO, les opérateurs de vins sans IG (indication géographique) et les conseils de bassins (qui sont les déclinaisons régionales de FranceAgriMer), sont encore soutenues.
« Tout le monde ne s’est pas encore approprié le nouveau dispositif », a ajouté Anne Haller, déléguée de la filière viticole à FranceAgriMer. Il est vrai qu’une autorisation de surface engage désormais les vignerons à planter réellement, sous peine de sanctions financières.
Le nouveau régime des plantations oblige les vignerons, les coopératives, les négociants, à avoir une véritable stratégie de long terme, jusqu’en 2030, y compris pour le vin sans IG, qui, devenant un segment de marché bénéficiant d’un statut, est encadré comme les autres.
Autorisations de plantations : urgence uniquement pour les plantations prochaines
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Le nouveau régime d’autorisations de plantations débute en janvier 2016. L’ensemble des demandes se fera sur un guichet unique et dématérialisé, commun à FranceAgriMer et à l’INAO : Vitiplantation. Les viticulteurs peuvent se préinscrire dans la téléprocédure depuis mai 2015. À ce stade plus de 22 000 exploitants ont démarré leur préinscription, indique-t-on à FranceAgriMer. Pour la moitié d’entre eux, le compte Vitiplantation est finalisé. Pour les autres, les démarches sont en cours. « Ces démarches sont importantes surtout pour les producteurs qui planteront au printemps 2016 ou qui demanderont des autorisations de plantations nouvelles en 2016 », souligne-t-on à FranceAgriMer, pour éviter une panique des producteurs devant le nouveau système. Les producteurs qui souhaitent replanter plus tard pourront s’inscrire dans les mois et les années à venir au fur et à mesure de leurs besoins.
L’ouverture du site Vitiplantation pour faire les demandes d’autorisations aura lieu le 4 janvier 2016 pour les conversions de droits, les replantations et les replantations anticipées. Pour les demandes de plantations nouvelles, les demandes seront à effectuer en mars et avril 2016.
La mutation de la viticulture du Languedoc-Roussillon, la preuve par l’innovation
Un troisième dossier n’est pas complètement bouclé, mais il semble bien parti, c’est la pérennité de l’OCM du vin, qui octroie à la filière française une enveloppe de 280 millions d’euros. Le secteur tient à ces soutiens aux moyens de production et ne voit pas l’intérêt de basculer dans un régime d’aides forfaitaires. « Stéphane Le Foll nous a dit qu’il abordera ce sujet avec Phil Hogan », le commissaire européen à l’agriculture.
La filière viticole est d’autant plus attachée à ce mode de soutien qu’il stimule l’innovation. Le Sitevi, salon du matériel et des services pour la vigne et les fruits et légumes, a été en 2015 le révélateur du dynamisme investisseur du secteur viticole, que Jérôme Despey n’a pas manqué de souligner au ministre de l’Agriculture en traversant les allées du salon. Le responsable syndical a montré au ministre les fruits que ce dynamisme de l’innovation a générés en Languedoc-Roussillon : une « mutation » de la viticulture, qui a été capable de piloter une transformation du vignoble en l’orientant vers la qualité et l’export. Cela avec des surfaces de vignes qui sont passées de 440 000 hectares à moins de 240 000 en vingt ans, et une production qui est passée de 33 millions d’hectolitres à 13 millions.