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Des agriculteurs de plus en plus déçus des institutions

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Ministères, banques, syndicats… Les agriculteurs sont plus nombreux qu’il y a 27 ans à ne pas se sentir écoutés par leurs institutions, d’après la récente étude Vox Agri (Réussir-Cevipof-AgroToulouse).

D’après les premiers résultats de l’étude Vox Agri (Réussir-Cevipof-AgroToulouse), qui doivent être présentés le 29 septembre à SciencesPo, les agriculteurs sont globalement plus nombreux qu’en 1998 à ne pas se sentir écoutés par les institutions (syndicats agricoles, maires, ministère de l’Agriculture), une dynamique qui n’épargne que le Rassemblement national. Interrogés entre avril et juin, les 1 067 agriculteurs ayant répondu au sondage affirment pour 47 % d’entre eux que les organisations syndicales agricoles ne sont pas « à l’écoute des problèmes du monde agricole », contre 28 % d’entre eux lors d’un sondage réalisé par les sociologues Hervieu et Viard en 1998.

Des scores et dynamiques similaires sont observés pour de nombreuses institutions : élus locaux (pas à l’écoute pour 45 % des interrogés, +17 points), MSA (57 %, +19 points), banques et institutions financières (54 %, +16 points), ministère de l’Agriculture (64 %, +34 points), président de la République (79 %, +52 points ; en 1998, le président de la République était Jacques Chirac), Commission européenne (79 %, +18 points). Sur l’échiquier politique, les partis de gauche ont le plus mauvais score (80 %, +17 points), et les partis de droite le meilleur (54 %, +11 points), mais le Rassemblement national talonne (55 %), avec la seule dynamique positive (-7 points) parmi toutes les institutions proposées.

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Bayrou n’a pas la moyenne

Bien sûr, les personnalités politiques n’échappent à pas à la défiance. D’après ce même sondage, les agriculteurs ne sont pas satisfaits de l’action de François Bayrou, qui se revendiquait pourtant en 2018 comme un « très proche, très intime » du secteur. Interrogés entre avril et juin, les 1 067 agriculteurs ayant répondu au sondage donnent une note moyenne de 2,4 sur 10 (avec un écart-type de 2,4) lorsqu’on leur demande de noter leur satisfaction de « l’action » du Premier ministre ; 82,5 % d’entre eux donnent une note inférieure ou égale à 4. Arrivé en fonction quelques mois après les manifestations de l’hiver 2023-2024, le gouvernement de François Bayrou a eu jusqu’ici pour principale tâche l’examen de la proposition de loi Entraves du sénateur Duplomb, qui n’était pas achevé au moment du sondage, et faisait encore l’objet d’une bataille procédurale à l’Assemblée.

En fonction depuis beaucoup plus longtemps, Emmanuel Macron n’est pas mieux noté. Les agriculteurs interrogés accordent la même note de 2,4 sur dix (avec un écart-type de 2,4) au Président de la République. Et ils sont 78,8 % à lui donner une note inférieure ou égale à 4.

47 % estiment que les organisations syndicales ne sont pas « à l’écoute »