C’est dans une atmosphère assez sereine que se sont déroulés les débats lors de la réunion interrégionale du Grenelle de l’environnement, le 15 octobre, à Chalons en Champagne.
Une banderole dénonçant l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse), quelques syndicalistes tendant des tracts pour un « développement soutenable » … Les abords du complexe agricole du Mont Saint Bernard, à Chalons en Champagne, où doit commencer dans quelques minutes la réunion interrégionale du Grenelle de l’environnement, sont plutôt calmes. Cette ambiance pacifique se confirme dans la salle des débats. Peut-être parce que les quelque 700 participants sont répartis dans deux salles ? Et peut-être également parce que l’animateur annonce immédiatement que les OGM n’ont pas été et ne seront pas abordés lors de cette réunion.
« Essayer de nous écouter et de nous comprendre »
C’est assis sur des chaises en carton recyclé que les rapporteurs des 6 groupes de travail de la matinée font leur présentation, avant de débattre avec la salle. Rapporteur du groupe 4 (adaptation des modes de production et de consommation durables), Gérard Lapie, ancien président de chambre d’agriculture, relève que « l’intérêt du Grenelle est d’essayer de nous écouter et de nous comprendre ». Une mission qui paraît réussie pour ce groupe, dans lequel aucun point de divergence ne semble avoir surgi. Progressivité des démarches vers l’agriculture durable, développement du bio selon les besoins du marché, mesures incitatives pour la prise en charge des pollutions diffuses par les agriculteurs ou développement de la recherche… les conclusions sont consensuelles. A l’image des participants, apparemment issus en majorité du monde agricole. C’est d’ailleurs l’un des rares points de chatouillement ayant émergé lors du débat : au fil des questions, plusieurs représentants d’associations écologistes, un syndicaliste de la Confédération paysanne, deux membres du parti des Verts signalent qu’ils n’ont pas pu « participer » aux débats de la matinée, faute d’en avoir été informé ou d’avoir été retenu. « Tous les courriers reçus ont été repris », a tenu à préciser le préfet de la région, soulignant que 380 personnes ont participé aux ateliers au lieu des 150 conseillées.
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Raison gardée
Bien sûr, les pesticides ou la nécessité de préserver la biodiversité ont également fait l’objet de remarques. Mais avec raison gardée, pourrait-on dire. Si décriés dans d’autres régions, les biocarburants de première génération, qui ont posé le matin un problème « éthique » au groupe 6 en charge de la maîtrise de la demande d’énergie, ont même trouvé un défenseur, impliqué dans le groupe Cristal Union. « Des efforts sont faits en amont pour réduire les doses d’azote depuis 10 ans », a-t-il notamment souligné. Faut-il s’étonner de ce calme relatif ? Probablement pas si l’on regarde les données économiques : dans cette région, l’agriculture fournit 10 % de la valeur ajoutée régionale, soit quatre fois plus qu’au plan national. Ce qui appelle bien un peu de compréhension.