L’avenir de la filière et le développement des ventes a été au centre des débats entre les 550 vignerons venus de toutes les régions de France pour participer au 22 congrès des Vignerons indépendants de France (VIF) qui s’est tenu les 5 et 6 mai à Gaillac (Tarn). Des décisions devraient être prises dès maintenant pour éviter une aggravation de la crise actuelle, estiment les Vignerons indépendants.
« Il faut trouver le moyen d’agir d’ici le mois d’août pour éviter de nouveaux excédents», prévient Xavier de Volontat. Un message qu’il a fait directement passer à Hervé Gaymard. En effet, une récolte même normale cette année amplifiera le marasme actuel de la filière. Si l’année est belle pour les vins de table et de pays, les AOC souffrent déjà d’un excédent d’environ 2 millions d’hl, en dépit de la petite récolte 2003. Et pour les vins de table, l’euphorie pourrait ne pas durer car la pénurie en produits français a entraîné les acheteurs vers l’Espagne où les prix tournent autour de 220 euros l’hl au lieu de 330 en France. Pour récupérer leurs acheteurs, les Français ne vont-ils pas devoir baisser leurs prix lors de la prochaine campagne ?
Diminuer les rendements et geler les plantations
Parmi les décisions possibles à prendre d’urgence pour éviter une crise plus dure : diminuer les rendements et geler les plantations, conseillent les VIF. Cependant, une concertation préalable est indispensable. « Toute la filière doit suivre la même direction», poursuit leur président.
A plus long terme, la réforme de l’OCM viti-vinicole peut apporter d’autres solutions. Les vignerons indépendants soutiennent la même idée que les coopératives : utiliser les fonds européens alloués à la distillation, soit 250 millions d’euros, au soutien de la filière. Cependant, selon les VIF, cette manne doit aider tant l’amont que l’aval. L’avenir est aux partenariats entre entreprises amont-aval (et pas seulement avec les groupements de producteurs) qu’il faut inciter par des aides bien encadrées, accordées aux partenariats pérennes, préconise Xavier de Volontat. « Nous veillerons à ce que les orientations politiques prises autour de l’organisation économique et plus précisément des groupements de producteurs ne pénalisent en rien les exploitations viticoles que nous représentons», explique t-il.
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En tout cas, si rien n’est fait rapidement, « 10% à 15 % des vignes vont disparaître car les terres viticoles sont chères et le marasme actuel ne favorise pas de tels investissements», pronostique le président des VIF.
Pour une «réorganisation complète de la recherche»
Lors du congrès, les vignerons indépendants ont travaillé au développement de la vente directe, une source de revenus non négligeables pour la plupart des membres du syndicat. La multiplication des circuits tel que la vente au cours des salons, la vente à la propriété, par correspondance... sont autant de pistes à suivre. Ils se sont réjouis de l’amendement adopté la veille au Sénat qui, selon eux, autorise la publicité collective sur les vins mais ne «sort» pas le vin de la loi Evin. Ils ont demandé une recherche accrue au sein de l’Institut technique de la vigne et du vin (ITV) et ne se sont pas opposés à un financement complémentaire des professionnels sous condition d’une «réorganisation complète de la recherche et du développement dans la filière viticole». Un «préalable indispensable d’autant que les Vignerons indépendants sont déjà, à l’heure actuelle, les entreprises les plus contributives du secteur viticole», notent-ils.
Sur la réforme des AOC, les VIF ne prendront pas de position officielle avant d’avoir rencontré son auteur, René Renou, et discuter du projet avec lui. C’est-à-dire après la mi-mai.