Abonné

Porc « Des difficultés dans 15 départements produisant des porcs lourds »

- - 4 min

« La nouvelle grille de classement pénalise les éleveurs de porcs lourds, notamment pour les IGP », a reconnu la Fédération nationale porcine. Quinze départements, représentant 7 % de la production française, éprouvent des difficultés. En revanche, les plus-values restent correctes pour le porc standard dans le Grand Ouest.

«La production porcine du Grand Ouest n’est pas en crise » ont assuré les responsables de la Fédération nationale porcine (FNP) le 24 janvier. Pourtant, depuis près de deux mois, le prix du Marché du porc breton (MPB) plafonne à 1 euro/kg, très loin de la période estivale où le cours avait dépassé 1,45 euro/kg durant plusieurs semaines. « Nous avons été très surpris du décrochage des prix début décembre. Rien ne laissait présager une telle chute des prix », déclare Jean-Michel Serres, président de la FNP. Pourtant, selon lui, les choses ne semblent pas dramatiques pour le Grand Ouest. Jeff Trébaol, vice-président de la FNP, parle juste de « conjoncture difficile, avec en plus la hausse du prix des aliments, mais la plus-value pour les éleveurs reste correcte ».

Les démarches de qualité pénalisées

Dans le reste de la France, la situation est tout autre. 15 départements, représentant 7 % de la production française éprouvent des difficultés, selon la FNP. « La nouvelle grille de classement des porcs (ndlr : « 56 TMP » qui a pris effet au 18 décembre) pénalise les éleveurs de porcs lourds, notamment du sud de la France » a reconnu Jean-Michel Serres. « Les éleveurs engagés dans des démarches de qualité, comme l’IGP Bayonne, sont les plus touchés », a-t-il déclaré, reconnaissant que « la nouvelle grille, négociée pour le porc standard par Uniporc Ouest, n’a pas du tout pris en compte les autres régions françaises ». La Confédération paysanne et la Coordination rurale accusent la FNP, association spécialisée de la FNSEA, seule à siéger dans les organisations interprofessionnelles, « d’avoir très mal négocié la grille pour les éleveurs, engendrant de fortes pertes de revenu ». « La nouvelle grille n’a fait que révéler les problèmes de filières qui n’arrivent pas à s’organiser dans le rapport de force face aux abattoirs et aux GMS », se défend Jean-Michel Serres. « Les régions doivent être capables de renégocier la grille. Il n’est pas normal que les systèmes IGP ne rémunèrent pas les éleveurs. Cela pose de réelles menaces sur les démarches de qualité », a-t-il ajouté. Du côté du Grand Ouest, les responsables de la FNP doivent rencontrer prochainement les abatteurs pour adapter légèrement la grille et « trouver une fourchette répondant davantage aux attentes des consommateurs ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Plan bâtiments : 15 000 euros par exploitation

La FNP attend par ailleurs que Bruxelles valide le plan de mises aux normes des bâtiments dans le cadre de la directive sur les truies gestantes. « Un accord de principe sur une aide de 15 000 euros par éleveur nous a été donné. 3 millions d’euros ont déjà été votés dans le budget de l’Office de l’élevage », se félicite Jean-Michel Serres. Le président de la FNP attend cependant de l’Etat que les éleveurs de porcs soient traités de la même façon que les éleveurs de bovins et d’ovins dans leur plan bâtiment. La FNP promet aux éleveurs « une procédure allégée pour la construction des bâtiments, sans passer par une procédure d’installations classées, générant plusieurs années d’attente ».