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Manifestation Des « faucheurs volontaires » d'OGM chez Limagrain

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Près d'une centaine de « faucheurs volontaires », selon les organisateurs, ont occupé le 6 novembre au matin les locaux de Limagrain à Chappes (Puy-de-Dôme), pour dénoncer la recherche sur le blé transgénique. La coopérative a réagi en présentant les OGM comme « une des solutions » face aux grands enjeux agricoles.

V ERS 8h, des manifestants du collectif des faucheurs volontaires d'OGM, venus de toute la France, ont investi « dans le calme » le centre de recherche de Limagrain, tandis que des salariés du semencier étaient bloqués à l'extérieur du bâtiment. Des gendarmes et une centaine d'agriculteurs de la FNSEA étaient également sur place.

« Nous n'avons rien cassé. On est venu faire une inspection citoyenne », a déclaré à l'AFP Emma, une faucheuse volontaire qui souhaite rester anonyme. « S'il n'y avait pas eu en France les faucheurs, il y aurait certainement des OGM partout dans les champs », a par ailleurs justifié Maïté, une autre faucheuse présente sur place.

Représailles

Une réunion a eu lieu entre deux dirigeants et une dizaine de faucheurs volontaires « pour parler des recherches effectuées » à Chappes. « Ils nous ont proposé de discuter de la thématique des OGM lors d'une prochaine réunion », ont relaté les organisateurs.

Les gendarmes ont ensuite escorté vers midi les anti-OGM hors de l'enceinte du bâtiment sous les huées d'agriculteurs de la FNSEA. Une quinzaine de voitures de faucheurs volontaires ont par ailleurs été vandalisées, les pneus crevés et les carrosseries rayées, selon le collectif, des actes commis par la FNSEA, selon un des faucheurs.

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« Limagrain est une coopérative, ce sont des adhérents de la coopérative qui sont venus et la FNSEA n'a absolument rien revendiqué là-dedans », a démenti le président du syndicat Xavier Beulin, interrogé par l'AFP.

Coexistence

De son côté, la direction de Limagrain a condamné « très fermement cette action illégale » et rappelé « qu'en France, la recherche sur les OGM est autorisée », dans un communiqué. Assurant qu'il se conformait « strictement aux règles en vigueur en toute transparence », le groupe s'est toutefois dit « convaincu que les OGM sont une des solutions existantes permettant aux agriculteurs de mieux répondre aux grands enjeux agricoles : produire plus avec moins de ressources dans un contexte de changement climatique ».

Pour Limagrain, « la coexistence de toutes les agricultures, qu'elles soient conventionnelles, génétiquement modifiées ou biologiques, peut et doit être respectée », a déclaré le président de Limagrain, Jean-Yves Foucault cité dans le texte.

La coopérative Limagrain est le 4e semencier du monde avec sa branche Vilmorin, derrière les américains Monsanto, Dupont Pioneer et le suisse Syngenta. À Chappes, des chercheurs planchent dans l'unique laboratoire français travaillant sur des OGM résistants aux maladies et aux ravageurs mais aussi sur des OGM adaptés à des situations de sécheresse. (JCD, AVEC L'AFP)