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Des gènes de résistance à la Xylella fastidiosa découverts dans des vignes sauvages

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Outre la vigne, la bactérie Xylella fastidiosa s'attaque à un large spectre d'espèces de plantes. Crédits : © Greg Urquiaga/UC Davis

Des chercheurs californiens ont découvert, dans une vigne sauvage, des gènes de résistance à la maladie de Pierce provoquée par la bactérie Xylella fastidiosa. Cette découverte offre d’encourageantes perspectives pour la prévention de cette maladie dévastatrice qui outre la vigne occasionne d’importants dégâts dans de nombreuses autres cultures.

Transmise et véhiculée par des insectes, la bactérie Xylella fastidiosa s'attaque à un très large spectre de végétaux, dont les vignes, oliviers, arbres fruitiers, agrumes, caféiers, chênes et luzerne. Dans une note de juillet 2022, l’Anses affirmait que plus de 600 espèces végétales sont sensibles à la maladie de Pierce. Comme il n’existe pas de traitement efficace contre Xylella fastidiosa, la prévention reste l’axe de recherche privilégié. Des chercheurs de l'Université de Californie (UC) à Irvine et à Davis se sont penchés sur une variété de vigne sauvage plus résistante à Xylella fastidiosa. L’étude a été menée par le professeur émérite d'écologie et de biologie évolutive Brandon Gaut de l’UC Irvine, ainsi que par les professeurs de viticulture et d’œnologie Dario Cantù et Andy Walker de l’UC Davis. Les résultats de leurs recherches ont été publiés récemment dans la revue Communications Biology. 

L'équipe de recherche s'est concentrée sur une espèce de vigne sauvage, Vitis arizonica, qui présente une résistance naturelle élevée à la bactérie. Grâce à la cartographie génétique et à des études d'association à l'échelle du génome, les chercheurs ont identifié des gènes qui pourraient être introduits dans les vignes domestiques pour améliorer leur résistance.

Corrélation entre résistance et climat

Au cours de leur projet, les scientifiques ont aussi découvert une forte corrélation entre les gènes résistants à Xylella fastidiosa et le climat. En effet, sur les 167 spécimens de vigne sauvage prélevés entre l’ouest des États-Unis et le Mexique, les chercheurs ont découvert que les gènes résistants se trouvaient principalement dans les climats chauds, ce qui indique que la présence de l'agent pathogène est plus répandue dans ces régions. En projetant des scénarios de changement climatique, l'équipe, peut « prédire l'impact futur de la maladie sur diverses cultures, notamment les raisins et les amandes », est-il précisé dans l’article.

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Dans leurs conclusions, les chercheurs soulignent l'urgence de poursuivre la recherche scientifique dans le domaine de l'agriculture, en particulier face au changement climatique. « En démêlant les interactions complexes entre les gènes, les agents pathogènes et le climat », ils espèrent ainsi « développer des solutions ciblées pour atténuer les effets dévastateurs des maladies des plantes, en sauvegardant la production alimentaire mondiale ». Pour le professeur Dario Cantú, l'entretien et la caractérisation génétique des collections de plantes est « d’une importance capitale pour la découverte de gènes précieux pour les programmes de sélection du raisin ».